Oui, le joint de cannabis a un vĂ©ritable pouvoir cancĂ©rigène. Il est mĂŞme tellement prononcĂ© qu’il Ă©quivaudrait Ă celui de vingt cigarettes de tabac ! VoilĂ la conclusion pour le moins inquiĂ©tante d’une nouvelle Ă©tude conduite par une Ă©quipe de chercheurs nĂ©o-zĂ©landais.
Le Pr Richard Beasley et ses collègues de l’Institut de Recherche mĂ©dicale de la Nouvelle-ZĂ©lande ont suivi pendant 5 ans 102 patients de moins de 55 ans et atteints d’une tumeur au poumon. Tous ont Ă©tĂ© interrogĂ©s par questionnaire sur leur consommation d’alcool et surtout, de cannabis.
Le rĂ©sultat fait froid dans le dos. Dans le groupe ayant consommĂ© plus de 10 joints-annĂ©e - cela correspond Ă la consommation d’un joint par jour sur dix ans ou deux joint par jour pendant 5 ans- le risque d’avoir un cancer bronchique a Ă©tĂ© multipliĂ© par 6, « après ajustement des autres variables, dont le tabagisme » prĂ©cise Richard Beasley. Au long cours, l’Ă©tude rĂ©vèle que le risque de cancer du poumon augmente de 8% par joint-annĂ©e. Et pour cause, la fumĂ©e de cannabis contient deux fois plus d’hydrocarbures cancĂ©rigènes que celle des cigarettes !
La façon de fumer accroĂ®t aussi le risque, « les joints Ă©tant gĂ©nĂ©ralement consommĂ©s sans filtre et presque jusqu’au bout, ce qui augmente la quantitĂ© de fumĂ©e inhalĂ©e ». Les dĂ©pĂ´ts de substances carcinogènes dans les bronches se trouvent donc facilitĂ©s. Dernier point, « l’absorption de monoxyde de carbone dans le sang serait cinq fois plus importante après un joint qu’après une cigarette ».
C’est la première fois que le pouvoir cancĂ©rigène du cannabis est ainsi clairement mis au jour. Les quelques Ă©tudes Ă©pidĂ©miologiques rĂ©alisĂ©es Ă ce jour chez l’homme aboutissaient Ă des rĂ©sultats contradictoires. Leur biais principal Ă©tait la difficultĂ© Ă sĂ©parer le pouvoir cancĂ©rigène du cannabis de celui de la cigarette, les deux Ă©tant souvent consommĂ©s ensemble. Pour Richard Beasley, il est primordial que « les programmes de santĂ© publique incluent aussi des campagnes destinĂ©es Ă rĂ©duire l’usage du cannabis, en particulier chez les jeunes ». Une logique bien Ă©loignĂ©e de celle qui avait cours dans les hautes sphères de l’Etat. Souvenez-vous : « fumer un joint chez soi est certainement moins dangereux que boire de l’alcool avant de conduire, pour soi et aussi pour autrui ». Cette phrase a Ă©tĂ© prononcĂ©e par Lionel Jospin, en 2002.

