Liens sponsorises


SIDA : un patient sous antirétroviraux efficaces pourrait ne pas transmettre le VIH

Une personne contaminĂ©e par le VIH et bĂ©nĂ©ficiant d’une thĂ©rapie antirĂ©trovirale efficace ne transmet pas le virus du sida au cours de rapports sexuels, a affirmĂ© mercredi la Commission fĂ©dĂ©rale suisse du sida, qui s’appuie sur plusieurs Ă©tudes.

Si la thĂ©rapie a supprimĂ© le virus dans le sang depuis au moins six mois et si elle est suivie rigoureusement par le patient, un couple sĂ©rodiffĂ©rent (au sein duquel un des deux partenaires est contaminĂ© par le VIH et l’autre pas) peut dĂ©cider qu’il renonce aux mesures de protection pendant des rapports sexuels, a dĂ©clarĂ© dans un communiquĂ© la Commission, qui dĂ©pend de l’Office fĂ©dĂ©ral suisse de la santĂ© publique.

Toutefois, le patient ne doit pas ĂŞtre atteint d’une autre infection sexuellement transmissible et le mĂ©decin traitant doit donner au prĂ©alable son feu vert Ă  l’arrĂŞt des mesures de protection, met en garde la Commission.

En France, le Conseil national du sida a rĂ©agi extrĂŞmement prudemment, en jugeant que les donnĂ©es “restent trop prĂ©liminaires pour permettre des recommandations individuelles.” Le groupe d’experts français va examiner ces Ă©tudes “dans le cadre de la mise Ă  jour de ses recommandations en 2008″, souligne le communiquĂ©.

“Ces donnĂ©es proviennent de quatre Ă©tudes diffĂ©rentes”, a expliquĂ© le professeur Bernard Hirschel, responsable VIH-Sida des HĂ´pitaux universitaires de Genève et coauteur de l’Ă©tude.

Une recherche effectuĂ©e en Espagne entre 1990 et 2003 sur 393 couples hĂ©tĂ©rosexuels sĂ©rodiffĂ©rents a montrĂ© qu’aucun des partenaires n’a Ă©tĂ© contaminĂ© par une personne suivant un traitement antirĂ©troviral, montre l’Ă©tude publiĂ©e dans le Bulletin des mĂ©decins suisses.

Au Brésil, 93 couples sérodifférents dont 41 partenaires séropositifs sous traitement antirétroviral ont été suivis par des chercheurs. Six personnes ont été contaminées, toutes étant liées à des partenaires ne suivant pas de traitement.

D’autres recherches en Ouganda et sur les femmes enceintes sont arrivĂ©es aux mĂŞmes conclusions, a soulignĂ© le professeur Hirschel.

Dans un communiquĂ©, l’association Act Up a mis en garde contre les discours “imprudents, triomphalistes ou dĂ©sinvoltes” qui pourraient dĂ©couler d’une interprĂ©tation erronĂ©e des dĂ©clarations des mĂ©decins suisses.

Pour Act Up, seul un faible nombre de personnes atteintes par le VIH sont concernĂ©es. “Cette annonce qui porte sur les couples sĂ©rodiffĂ©rents ne concerne donc pas les 40% de malades sous traitement ayant une charge virale rĂ©siduelle malgrĂ© une bonne observance du traitement”, considère Act Up.

Une dĂ©claration s’opposant aux donnĂ©es relevĂ©es par le professeur Hirschel sur les patients suivis en Suisse : “si le traitement est bien conduit, pour plus de 80% des patients le virus disparaĂ®t dans le sang au bout de six mois maximum”.