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Comment préparer le concours de résidanat d'ORAN ? Les cours indispensables et les conduites pratiques ? Comment organiser votre temps ? forum d’entraide pour préparer votre concours de résidanat en toute sérénité …



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 Sujet du message: dossier d'inscription et date du concours
MessagePosté: Juin 28, 2008, 11:01:30 AM 
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bonjour les confrères
si vous avez des renseignements sur le dossier d'inscription au concours de résidanat à oran , ça serai gentil de me le faire transferer.
j'ai fait mes études à annaba. et si la date est nationnale .à annaba c'est pour le 11octobre2008.et merci de me l'envoyé à: [url]sarras_1621@hotmail.com[/url] :euh2!


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 Sujet du message: Re: dossier d'inscription et date du concours
MessagePosté: Juillet 02, 2008, 02:58:54 PM 
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bonjour sara de annaba , concernant le dossier d'inscription pour le residanat d'oran:
exrtait de naissance n 12
photocopie ligalisèe de l'attestation de succès ou equivalent
attestation disciplinaire ( bonne conduite) delivrèe par votre facultè de medecine
attestation de non inscription pour le residanat de annaba
mondat de 700da frais d'inscription
05 enveloppes timbrèes libelèes
04 photos d'identitè
la dated'inscription est pour le mois de septembre .pour plus d'information on se contacte dan ce forum
salutation


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MessagePosté: Juillet 03, 2008, 02:48:52 PM 
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merci pour ces informations et pour ce qui est de la date du concours


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 Sujet du message:
MessagePosté: Juillet 26, 2008, 11:07:23 AM 
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merci karim44s pour ces informations.
c mégagentillllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll.
à plus.


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MessagePosté: Juillet 26, 2008, 11:08:30 AM 
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merci aussi à Dr cheraft.


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MessagePosté: Septembre 17, 2008, 01:23:46 PM 
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Délires chroniques
Diagnostic, évolution, traitement
Dr Francis Eudier, Dr Pascal Levaou, Pr André Badiche
Unité de psychiatrie et de psychologie médicale, CHRU, hôpital Pontchaillou, 35033 Rennes cedex.
Définition
Un délire se caractérise par :
- son (ses) thème(s) : revendication, jalousie, persécution… ;
- son (ses) mécanisme(s) : interprétations, hallucinations…
Le délire est une conviction absolue et fausse :
- qui attribue des significations anormales à la réalité (significations
différentes de celles reconnues par son groupe culturel) ;
- qui n'est ni critiquable, ni reconnue comme pathologique par le sujet ;
- qui bouleverse toute sa personnalité et son vécu ;
- qui se manifeste dans son discours, son comportement, et sa vie sociale.
Délires paranoïaques
Diagnostic positif
Le thème délirant, marqué par un sentiment permanent de persécution, est en général unique, exprimé avec
clarté, cohérence ; il est compréhensible. Il se développe à partir d'une idée prévalente issue des ruminations
méfiantes et suspicieuses ; sa base est représentée par ce postulat fondamental auquel le sujet adhère avec
une conviction inébranlable.
Le mécanisme essentiel du délire est l'interprétation (rappelons que cette interprétation est dite délirante car
elle est rigide, systématique, propre au sujet, ne tenant pas compte du contexte de la situation) ; il n'y a pas
d'hallucination. On différencie trois types de délire paranoïaque :
◊ les délires passionnels où les éléments affectifs dominent le tableau clinique, avec un développement " en
secteur " autour d'une idée prévalente.
Le développement du délire " en secteur " signifie que des interprétations délirantes s'enchaînent les unes
dans les autres à partir de l'idée prévalente (comme la lumière d'un phare éclaire un secteur dans la nuit).
(Exemple clinique : Monsieur J., 45 ans, a la certitude délirante d'être trompé par son épouse. Cette idée
prévalente va se nourrir d'interprétations délirantes en chaîne. Il voit qu'elle va à la poste : il en déduit qu'elle
y reçoit des messages secrets. Elle va faire ses courses au marché : il en tire la certitude que des
intermédiaires lui transmettent des billets d'amour. Elle est souriante avec lui : c'est donc qu'elle se moque de
sa situation…).
À noter que ce développement dit " en secteur " n'a aucun rapport avec la politique française des soins en
psychiatrie selon la Loi dite " du secteur " !
◊ les délires d'interprétation, où les interprétations sont primaires, s'organisant progressivement en un
réseau diffus ;
◊ les délires sensitifs, où la symptomatologie passive, hyposthénique, dépressive, est dominante.
1. Délires passionnels
Le délire passionnel est centré autour d'une idée prévalente qui justifie le comportement du malade. Ce
postulat fondamental s'associe à une participation affective intense (exaltation passionnelle) ; c'est une
conviction inébranlable, inaccessible à toute argumentation. Il existe dans tout délire passionnel une
revendication affectivo-matérielle (lettres, procès, menaces, chantage…) avec de possibles actes hétéroagressifs
graves.
◊ Les délires de revendication se distinguent selon leur thème.
Classiquement, ce sont les quérulents processifs, inventeurs méconnus, idéalistes passionnés - auxquels on
ajoute les délires de filiation, la sinistrose, et l'hypocondrie avec revendication.
Selon son délire, le patient : estime avoir été lésé, rejetant les jugements et engageant des procès (quérulentprocessif)
; ou revendique une invention dont il serait dépossédé (inventeur délirant) ;
ou se présente comme défenseur d'une idéologie qu'il veut imposer à tous (idéaliste passionné) ;
o ou est persuadé qu'il est issu d'une famille remarquable (délire de filiation) ; ou affirme qu'il a des
séquelles suite à un traumatisme (sinistrose) ; ou est persuadé du mauvais fonctionnement de son corps
(hypocondrie revendicatrice).
◊ Le délire érotomaniaque : on observe une prédominance chez les femmes de 40 à 55 ans.
L'érotomane a la conviction délirante d'être aimée par une personne d'une situation sociale en règle générale
plus élevée que la sienne (homme publique, médecin, vedette de la chanson…).
Persuadée que l'objet a déclaré son amour le premier, la paranoïaque justifie son harcèlement.
Dans la forme typique, l'érotomanie se développe en trois phases successives : phase d'espoir (attente,
cadeau, lettre) ; phase de dépit ; phase de rancune (injures, menaces, acte agressif).
◊ Le délire de jalousie : le sujet est persuadé d'être trompé, et interprète tout ce qu'il constate comme une
preuve de cette infortune.
Les hommes seraient plus souvent atteints que les femmes de cette forme de délire. Le délire est
fréquemment associé à l'alcoolisme chronique.
Le délire de jalousie consiste à transformer la situation de la relation amoureuse du couple en une situation
triangulaire.
" Le tiers introduit entre les partenaires est un rival, et c'est sur son image que se projette ressentiment et
haine accumulés " (HEY).
2. Délires d'interprétation
Décrits par Sérieux et Capgras en 1909 sous le terme de " folie raisonnante ", ces délires se construisent non
plus autour d'une seule idée prévalente mais autour de plusieurs interprétations délirantes, centrées sur le fait
que tout ce que le sujet perçoit doit avoir une signification qu'il rapporte à sa propre personne : c'est un
délire en " réseau ", associant une mosaïque d'interprétations (sans la rigueur logique du délire passionnel),
mais qui a une certaine cohérence. Les interprétations délirantes sont exogènes lorsqu'elles sont basées sur
des perceptions extérieures (vues, entendues…), endogènes lorsqu'elles portent sur des éléments internes
(sensations corporelles, rêves, pensées) (exemple clinique : depuis longtemps, Monsieur I. a remarqué les
antennes sur les toits des voitures : il est maintenant persuadé qu'il s'agit d'un système électronique pour le
surveiller dans sa vie quotidienne, d'autant qu'il a de curieuses sensations à l'estomac quand il marche ; il y a
aussi des antennes sur le toit des maisons qui doivent avoir un rapport avec lui.
Et les gens parlent dans la rue, sûrement à son sujet, car il s'est acheté une nouvelle voiture et qu'ils sont
envieux. Il y a aussi ces enfants, que l'on entend dans l'école, jusque-là inoffensifs, mais qui pourraient bien
maintenant être des voyous qui ont pour mission de l'attaquer…).
Les thèmes du délire d'interprétation sont : la persécution le plus souvent (idées de préjudice, de
malveillance) ; la mégalomanie (idée grandiose de soi-même) ; la filiation (conviction d'être un descendent
prestigieux) ; parfois une intrication de ces différents thèmes.
Alors qu'il existe un développement en secteur chez les délirants passionnels, le développement en réseau du
délire d'interprétation n'exclut aucun domaine de la vie de relation du sujet. Il n'y a plus de place pour le
doute ou le hasard : tout a une signification qui se rapporte au patient. L'humeur, à la différence des délires
passionnels, est peu exaltée ; on peut toutefois observer des passages à l'acte hétéro-agressifs, voire
criminels : un risque médico-légal réel existe, même s'il est moins important que dans les délires
passionnels.
Le retentissement sur la vie sociale est également moins massif que dans les délires passionnels.
3. Délire de relation des sensitifs
Décrit par Kretschmer en 1919, le délire de relation apparaît chez des sujets présentant une personnalité
prémorbide de type sensitif (méfiance, susceptibilité, " fragilité du Moi ", scrupulosité extrême, tendance à
l'introspection douloureuse, asthénie, sentiment de culpabilité, hyperesthésie des contacts sociaux,
souffrance silencieuse et cachée).
Le délire survient souvent après un événement ou une situation de conflit relationnel (d'où le terme de délire
de relation).
Les thèmes du délire sensitif sont : la persécution : avec impression d'hostilité, d'allusion péjorative : le sujet
pense qu'on le critique, qu'on se moque de lui ; des idées de référence : il estime qu'il fait l'objet d'une
malveillance intentionnelle, malveillance qu'il peut considérer comme méritée. Contrairement au délire
passionnel, il n'existe pas de revendication, mais une plainte vis-à-vis des persécutions dont le patient se
croit l'objet… Il existe une tonalité dépressive de l'humeur, mais celle-ci accuse les autres, sans culpabilité ni
auto-agressivité ; elle est souvent associée à des préoccupations hypocondriaques.
La diffusion du délire reste limitée au domaine (familial ou professionnel) où le délire a pris naissance.
Classification des délires paranoïaques
◊ Délires passionnels (revendication, jalousie, érotomanie) :
- les éléments affectifs dominent le tableau ;
- le délire se développe autour " en secteur " d'une idée prévalente ;
- l'hétéroagressivité est fréquente.
◊ Délires d'interprétation :
- le délire se développe " en réseau " à partir de nombreuses interprétations.
◊ Délires sensitifs :
- le délire est vécu sur un mode plaintif, passif.
Diagnostic différentiel des délires paranoïaques
1. Devant un délire passionnel
◊ La bouffée délirante aiguë se discute surtout face à une période d'exacerbation d'un délire passionnel où
peuvent parfois exister des hallucinations ; on s'appuiera sur l'âge du patient (la bouffée délirante aiguë
survient chez les sujets jeunes), sur l'évolution antérieure (l'existence d'une poussée évolutive après 30 ans
est en faveur de la paranoïa), ainsi que sur le polymorphisme des thèmes et des mécanismes délirants dans la
bouffée délirante aiguë. On évoquera également :
◊ l'alcoolisation aiguë ou la prise de toxiques (cocaïne, amphétamine : effet " parano ") ;
◊ l'état maniaque ou hypomaniaque (exaltation de l'humeur, mais pas de véritable construction délirante) ;
◊ la confusion mentale (qui peut comprendre des éléments délirants persécutifs) avec désorientation
temporo-spatiale et délire onirique hallucinatoire
2. Devant un délire d'interprétation
On discutera la schizophrénie, dans sa forme paranoïde, car il existe des thèmes persécutifs non
systématisés. Mais l'âge du patient, l'existence de troubles du cours de la pensée, l'ambivalence, les
bizarreries permettront de faire la différence.
3. Devant un délire sensitif
Mélancolie délirante : l'intensité de la douleur morale penche en faveur de la mélancolie ; le diagnostic est
parfois délicat.
4. Dans tous les cas
On évoquera : les masques psychiatriques des maladies organiques, les pharmaco-psychoses ; les autres
délires chroniques : psychose hallucinatoire chronique (présence d'un automatisme mental, prédominance
des hallucinations) ; paraphrénie (délire imaginatif, fantastique).
Conduite à tenir en urgence face à un paranoïaque en phase délirante aiguë
- Repérer le type de délire.
- Apprécier la dangerosité (menaces, passage à l'acte récent ou probable). - Décider une
hospitalisation en psychiatrie (hospitalisation sous contrainte le plus souvent).
- Éviter l'aggravation de la sthénicité délirante par un traitement neuroleptique : . par
exemple Tercian 50 mg (intramusculaire si besoin, per os si possible), . Haldol 5 mg
(intramusculaire si besoin, per os si possible).


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MessagePosté: Septembre 17, 2008, 01:25:28 PM 
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Anxiolytiques
Principes et règles d’utilisation
Pr Frédéric Rouillon
Service de psychiatrie d’adultes, hôpital Louis Mourier, 92701 Colombes Cedex
Plan : Compléments :
Principes généraux
Règles d’utilisation
Points forts à comprendre
Points forts à retenir
Classification
Classification et représentation des anxiolytiques
Principaux hypnotiques
Recommandations et références médicales pour les
hypnotiques et les anxiolytiques (ANDEM)
Anxiolytiques
— Les tranquillisants ou anxiolytiques se définissent par leur action sédative sur l’angoisse,
encore que cette définition soit à nuancer, les tranquillisants agissant peu sur l’angoisse
psychotique.
— Les anxiolytiques comme les hypnotiques sont connus depuis longtemps. Les premiers
produits utilisés furent les bromures, les extraits de valériane, l’alcoolature de passiflore... puis
sont apparus les barbituriques, le chloral, l’hydroxyzine, les carbamates, les benzodiazépines
(BZD) et plus récemment de nouveaux dérivés comme la buspirone, les imidazopyrines et les
cyclopyrrolones. Le premier des anxiolytiques imidazopyriniques (Ananxyl) a été retiré du
marché pour des problèmes de pharmaco-vigilance survenus un an après sa commercialisation.
Enfin, aucun anxiolytique du groupe de cyclopyrrolones n’a actuellement d’AMM, cette classe
n’étant représentée que par un hypnotique (Imovane).
Principes généraux
1. Définition
L’action tranquillisante se définit par son effet sur l’anxiété et sur l’agressivité. Les
tranquillisants ont, en outre, un effet hypnogène (variable selon les molécules). Quant aux
benzodiazépines, elles sont par ailleurs myorelaxantes et anticonvulsivantes. Comme la plupart
des psychotropes, les benzodiazépines potentialisent l’effet de l’alcool et celui des barbituriques.
2. Mécanisme d’action
◊ Le mécanisme d’action des benzodiazépines n’est pas parfaitement élucidé. Il semble que les
propriétés myorelaxante et anticonvulsivante soient liées à une facilitation de l’inhibition
gabaergique. Les effets anxiolytiques et hypnotiques seraient plutôt imputables à l’action
freinatrice du turn over des catécholamines et de la sérotonine.
◊ La buspirone agit principalement comme agoniste des récepteurs 5HT1A et à un moindre
degré sur les récepteurs D2.
3. Pharmacologie
◊ Les benzodiazépines sont rapidement absorbées par le tractus digestif et le sont mal par voie
intramusculaire (à l’exception du lorazépam) ce qui doit inciter à en récuser l’usage parentéral
pourtant très répandu. Leur métabolisme est principalement hépatique (oxydation). Le lorazépam,
l’oxazépam et le témazépam sont glycuro-conjugués et n’ont pas de métabolites actifs, ils sont
donc préférables chez le sujet âgé.
— Les benzodiazépines se distinguent par leur demi-vie plasmatique. Les produits à demi-vie
longue atteignent plus lentement leur niveau d’équilibre (steady state) et leur élimination est plus
prolongée ; ils ont de surcroît souvent des métabolites actifs. Les benzodiazépines à demi-vie
courte ont un moindre risque d’accumulation.
— La demi-vie, l’existence de métabolites actifs et la voie d’élimination déterminent le choix
d’une molécule. Ainsi on optera, chez le sujet âgé, pour des benzodiazépines à demi-vie
intermédiaire, sans métabolites et ayant une excrétion rénale pour réduire le risque
d’accumulation, d’effets indésirables et de sédation excessive.
◊ La buspirone possède un profil pharmacologique différent des benzodiazépines (pas de
modification du seuil épileptogène, pas d’interaction avec l’alcool, ni d’effet myorelaxant) et
n’agit pas sur les récepteurs benzodiazépiniques. Elle est bien absorbée par voie orale et son
métabolisme est hépatique (oxydation). La demi-vie plasmatique est de 2 à 11 heures. Son délai
d’action n’est pas immédiat comme celui des benzodiazépines, il convient donc d’attendre une à
deux semaines avant que l’effet thérapeutique se manifeste.
4. Toxicité
La toxicité des principales benzodiazépines est faible, plus que celle des carbamates. Compte
tenu du doute qui subsiste quant à un éventuel effet tératogène, il est prudent d’éviter de prescrire
les anxiolytiques pendant les trois premiers mois de la grossesse.
Règles d’utilisation
1. Contre-indications
◊ Les benzodiazépines sont contre-indiquées dans la myasthénie et à utiliser avec précaution en
cas d’insuffisances respiratoires décompensées, de grand âge, d’insuffisance rénale ou hépatique.
Les carbamates sont contre-indiquées en cas d’insuffisance respiratoire. Il n’y a pas d’association
contre-indiquée avec les benzodiazépines.
◊ Les tranquillisants imposent d’éviter la consommation d’alcool et d’être particulièrement
prudent pour la conduite automobile, le travail sur machine, etc.
2. Indications
◊ Psychiatriques : les tranquillisants sont un traitement symptomatique de l’anxiété réactionnelle
ou survenant au cours d’un trouble névrotique voire d’une autre pathologie. Les indications des
carbamates recouvrent théoriquement celle des benzodiazépines. Leur utilisation est néanmoins
limitée par leur toxicité à forte dose et leur risque important de dépendance. Il était d’usage, en
France, de prescrire des carbamates lors du sevrage alcoolique, notamment pour les états de prédelirium
tremens du fait de leur élimination rapide ; on leur préfère désormais les
benzodiazépines. Lors de l’anxiété au cours des états psychotiques, on peut être amené à associer
aux neuroleptiques sédatifs des tranquillisants pendant quelques jours. Leur action synergique est
alors intéressante sur l’agitation, l’angoisse et l’insomnie.
◊ Médicales : les tranquillisants sont très prescrits en médecine générale au cours de certaines
maladies organiques qui impliquent une souffrance anxieuse : HTA, insuffisance coronarienne,
maladies incurables et douloureuses, affections psychosomatiques (gastrite, colopathie
fonctionnelle, dysménorrhée, eczéma...) pour lesquels les anxiolytiques sont des thérapeutiques
adjuvantes. Certaines benzodiazépines sont utilisées pour leurs propriétés myorelaxantes
(Myolastan), en cas de spasmes musculaires d’origine centrale (paraplégie), de tétanos,
d’affection rhumatologique (lumbago où les benzodiazépines luttent contre la contracture
musculaire). En chirurgie et en anesthésiologie, elles sont administrées pour les prémédications
opératoires ou pour leur effet sédatif avant une endoscopie. Enfin, en cas d’état de mal
épileptique, le Valium ou le Rivotril sont les médicaments de l’urgence (IV).
3. Effets indésirables
◊ En début de traitement, on observe, souvent une somnolence diurne, une asthénie physique,
intellectuelle et sexuelle et parfois une légère hypotension artérielle avec vertiges, sensation
ébrieuse. Les réactions allergiques sont plus rares (urticaires, éruptions maculo-papulaires). Des
troubles mnésiques sont souvent retrouvés chez les malades traités par des benzodiazépines. Il
s’agit d’amnésies antérogrades partielles qui ne s’avèrent patentes qu’en cas de pathologie
organique associée, chez les sujets âgés ou en cas de traitement très prolongé.
◊ Soulignons le risque de dépendance, surtout psychique mais aussi physique avec réactions de
sevrage qui surviennent principalement après des traitements à forte dose et (ou) prolongés (> 3
mois). Les accidents de sevrage sévères (crises convulsives, confusion mentale) sont rares. Les
manifestations mineures de sevrage sont plus fréquentes (sensation de malaise, manifestation
somatique de l’angoisse, insomnie, vertiges, anorexie). Il est parfois difficile de les distinguer
d’un simple rebond anxieux à l’arrêt du traitement. Les anxiolytiques de nouvelle génération
induiraient moins de phénomènes de dépendance.
4. Modalités de prescription
◊ Les anxiolytiques ne sont que des traitements symptomatiques de l’anxiété ; il convient donc
d’entreprendre de manière complémentaire un soutien psychologique en cas d’anxiété
réactionnelle ou un traitement de la cause de l’état psychopathologique sous-jacent, le cas
échéant. Certaine psychothérapie (relaxation) ont, par ailleurs, comme objectif de contrôler les
manifestations anxieuses.
◊ Notons que si la cure anxiolytique est relativement simple, il faut se garder de l’utiliser
comme une panacée de toutes les manifestations " d’allure fonctionnelle "... De nombreux
déprimés reçoivent des anxiolytiques au lieu d’un traitement antidépresseur ; tout au plus
peuvent-ils lui être associés en début de cure pour prévenir le risque suicidaire.
◊ Bien que les benzodiazépines soient bien tolérées en général, elles imposent certaines règles
de prescription :
— cure de courte durée (si possible < 3 mois) ;
— posologie faible (surtout si le sujet est âgé) ;
— peser les indications ;
— tenir compte des appétences toxicophiles éventuelles ;
— arrêt très progressif lorsque la posologie était élevée ou le traitement prolongé.
◊ Le choix d’un anxiolytique n’est pas encore parfaitement codifié. Il peut être guidé par la
demi-vie des différents produits ; les benzodiazépines à demi-vie longue ayant l’avantage de
réduire le nombre de prises, de diminuer le risque de rebond entre celles-ci ainsi que les
problèmes de sevrage ; elles entraînent en revanche plus d’accumulation et de somnolence
diurne. Les benzodiazépines à demi-vie courte n’ont pas ces inconvénients mais peuvent induire
un rebond d’anxiété entre les prises et une multiplication du nombre de celles-ci. Les
benzodiazépines sont actuellement les tranquillisants les plus prescrits, les carbamates étant
réservés aux accès confusionnels aigus (delirium tremens) du fait de leur rapidité d’action et de
leur élimination brève. Certains pharmacologues suggèrent néanmoins de ne plus les utiliser du
fait de leur toxicité. Les autres groupes sont rarement indiqués si ce n’est l’Atarax pour ses
propriétés antihistaminiques et en anesthésiologie. Le Buspar, mis à la disposition du corps
médical en 1989, par son mécanisme d’action différent n’a pas une efficacité immédiate sur
l’anxiété ; il convient donc d’attendre un délai d’action pour voir apparaître l’effet thérapeutique.


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MessagePosté: Septembre 17, 2008, 01:27:05 PM 
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Syndrome dépressif
Orientation diagnostique et traitement
Pr Jean Tignol
Service universitaire de psychiatrie, hôpital Charles Perrens, centre Carreire, Bordeaux Cedex
Plan : Compléments :
Diagnostic du syndrome dépressif typique
Formes cliniques du syndrome dépressif
Étiologies du syndrome dépressif
Traitement
Points forts à comprendre
Points forts à retenir
Définition du syndrome dépressif
Reconnaître la dépression
Dépression délirante
Formes cliniques du syndrome dépressif selon les signes
associés
Cas particuliers
Schéma thérapeutique
Syndrome dépressif
La dépression est une pathologie très fréquente. Elle est " sous-diagnostiquée ", en particulier
chez les personnes âgées, alors que son traitement correct est très souvent couronné de succès.
La dépression est une affection grave, à cause du risque de suicide lors de l'épisode dépressif, et
des risques accrus de nouvel épisode et (ou) de passage à la chronicité après chaque rechute ou
récidive.
Le clinicien devra donc, devant tout syndrome dépressif, avoir à l'esprit deux préoccupations
principales : 1. évaluer son intensité et sa gravité pour adapter les mesures thérapeutiques en
fonction du risque de suicide ; 2. après la rémission de l'épisode, prévenir rechutes et récidives.
Diagnostic du syndrome dépressif typique
1. La dépression de l'humeur s'exprime par la tristesse, mais ce sentiment ne lui
est pas spécifique
Beaucoup plus typique est l'anhédonie, terme dérivé du grec (et bon moyen mnémo-technique)
pour désigner la perte du plaisir lié à l'existence, aux activités et relations antérieurement
investies. " Je n'ai plus goût à rien " en est une formulation courante signant déjà une dépression
assez intense. Il est facile, pour préciser cette sémiologie, de faire comparer au malade ses
sensations existentielles antérieures et actuelles sur des points précis : occupations
professionnelles, loisirs, affectivité…
Dès que la dépression atteint un certain niveau, s'installent les idées dépressives, plus ou moins
fortes et constantes. A minima, ce sont des idées de " péjoration de l'existence ", complément
naturel de l'anhédonie : si l'on n'a plus " goût à rien ", la vie commence à " ne plus trop valoir la
peine d'être vécue ". Déjà, le risque suicidaire pointe. À quelques degrés d'intensité
supplémentaires, on doute de soi, de sa valeur, de ses compétences, on se trouve " un pauvre type
", on a " raté sa vie "…
2. Le ralentissement psychomoteur est plus simple à décrire et moins dramatique
Dans ses formes les plus graves, en effet, il cloue le sujet au fauteuil ou au lit, stuporeux.
Mouvements et paroles sont rares et pénibles, le patient paraissant figé dans sa douleur
dépressive. Ce phénomène pourrait jouer un rôle protecteur contre le passage à l'acte suicidaire.
Tous les intermédiaires se voient, de cette stupeur au ralentissement léger, que le patient ressent
souvent comme fatigue, difficulté à se concentrer, diminution de l'efficacité au travail…
La pensée et la parole sont moins vives, mais il faudrait avoir connu le patient avant l'épisode
pour pouvoir évaluer d'emblée la différence. Par contre, il est facile de repérer, par des questions
adéquates, que le sujet n'arrive plus à lire, a du mal à suivre un film à la télévision, à fixer son
attention sur une conversation ou une tâche, cela par rapport à son état antérieur.
Cette baisse des performances physiques et intellectuelles est fonctionnelle, disparaîtra avec la
dépression, mais plus lentement qu'elle, d'où la nécessité d'une convalescence et d'une reprise du
travail progressive après une dépression sévère.
3. Les perturbations des grandes fonctions de l'organisme signent l'ancrage
biologique de la dépression et sont précieuses pour le diagnostic
Le déprimé, typiquement, perd l'appétit et de ce fait maigrit, proportionnellement à la durée et à
l'intensité de la dépression. La perte du poids, repère objectif, doit toujours être recherchée.
Sitôt que la dépression est suffisamment intense, la libido aussi diminue : plus d'appétit sexuel !
Mais ce signe est moins recherché et moins fiable que l'anorexie.
L'autre signe important est la perte du sommeil, qui peut affecter les différents moments de la
nuit, mais qui est typique lorsqu'il s'agit du réveil trop précoce et de plus en plus précoce à
mesure que la dépression croît.
D'autres signes, hypotension, transpiration, constipation, peuvent être liés à la dépression ellemême,
mais de façon plus inconstante.
Formes cliniques du syndrome dépressif
1. Selon le début
Le début est typiquement lent, progressif, s'étalant sur plusieurs semaines à plusieurs mois. Il
peut parfois être rapide, la dépression s'installant en quelques jours, parfois d'un jour à l'autre. Il
s'agit alors le plus souvent de formes bipolaires de troubles de l'humeur, ou de dépression
récurrente brève (forme clinique nouvelle n'ayant pas encore totalement droit de cité dans les
nomenclatures).
2. Selon l'intensité de la dépression
Nous avons vu ces formes dans l'analyse de la sémiologie de la dépression typique.
◊ Le déprimé léger est un peu fatigué, à peine un peu ralenti intellectuellement et anhédonique,
avec peu de perturbations des grandes fonctions de l'organisme.
◊ Le déprimé grave est très ralenti, a des idées dépressives souvent d'intensité délirante, a perdu
plusieurs kg, ne dort presque plus, et surtout est à risque suicidaire majeur.
Entre les deux, tous les degrés peuvent se voir.
3. Selon les signes associés (v. encadré)
Formes cliniques du syndrome dépressif selon les signes associés
◊ La dépression anxieuse, fréquente, pose, nous le verrons, des problèmes de diagnostic et de
traitement. Les signes anxieux associés peuvent être ceux de l'anxiété généralisée, anxiété
diffuse, subaiguë, fluctuante, ou consister en des attaques de panique, crises d'angoisse aiguë très
intenses et relativement brèves (quelques minutes à quelques dizaines de minutes).
Du point de vue sémiologique, les signes anxieux associés transforment la symptomatologie
lorsqu'ils sont suffisamment intenses pour engendrer une agitation anxieuse, qui supprime en
quelque sorte, et remplace, le ralentissement psychomoteur typique. D'où les difficultés
diagnostiques, parfois peu solubles dans l'immédiat si les deux autres volets du syndrome
dépressif typique ne sont pas très marqués.
◊ La dépression confuse, avec désorientation temporo-spatiale, troubles de la mémoire, troubles
des fonctions intellectuelles, est une forme grave de dépression nécessitant, nous le verrons, un
traitement urgent. Elle peut poser un problème diagnostique avec - et doit faire rechercher - une
affection organique (voir la question confusion mentale).
◊ L'état mixte, prérogative des troubles bipolaires, associe symptômes dépressifs et symptômes
maniaques, de façon variée.
◊ Le terme dépression atypique qualifie dans la psychiatrie française classique une dépression
avec des signes pouvant faire craindre une évolution schizophrénique. Cette acception du terme
n'a plus cours actuellement. On désigne maintenant par dépression atypique une dépression
d'intensité légère à moyenne avec prise de poids et hypersomnie.
4. Selon l'âge
◊ La dépression existe chez l'enfant : elle est relativement mal connue, peu souvent reconnue, et
son traitement par les antidépresseurs est encore discuté.
◊ La dépression chez l'adolescent est fréquente : elle peut s'exprimer de façon relativement
typique, ou sous forme de troubles du comportement, de baisse du rendement scolaire, de
difficultés de caractère. Elle mérite d'être recherchée et traitée.
◊ Enfin, la dépression chez la personne âgée est extrêmement fréquente, trop souvent
méconnue et non traitée pour au moins deux raisons ; d'une part, les patients et les médecins
pensent souvent qu'avec l'âge il est normal d'être déprimé ; d'autre part, la dépression prend
souvent une allure pseudo-démentielle qui peut égarer le diagnostic. La dépression de la personne
âgée est aussi accessible au traitement que celle de l'adulte.
5. Selon la durée
◊ Un état dépressif doit durer plus de 15 jours pour mériter son diagnostic d'après le DSM-III
R : en fait un accès dépressif dure habituellement de plusieurs semaines à plusieurs mois, avec
souvent une évolution spontanément favorable au bout de ces quelques semaines à quelques
mois. La durée moyenne d'un accès dépressif sévère, avant que l'on ne dispose de thérapeutiques
efficaces, était en moyenne de 6 mois.
◊ Certaines dépressions ne régressent pas spontanément et peuvent aussi résister au
traitement, surtout lorsqu'il est mal conduit. On parle de dépression chronique après 2 ans
d'évolution. La sémiologie de la dépression chronique est en général atténuée et abâtardie par
rapport à celle de la dépression aiguë typique. Il s'agit néanmoins d'une affection grave, peut-être
plus grave même qu'un accès aigu, risque de suicide mis à part.
◊ On décrit maintenant des dépressions récurrentes brèves, d'une durée de quelques jours, mais
se reproduisant souvent dans l'année. Cette pathologie est encore mal connue.
◊ Enfin, certains patients bipolaires, surtout des femmes, peuvent présenter des alternances
fréquentes d'états dépressifs et d'états maniaques : au-dessus de quatre cycles par an, ils sont
dits " cycleurs rapides " (traduction mot à mot de rapid cyclers). Cette forme clinique, outre le fait
qu'elle est très handicapante, implique des mesures thérapeutiques particulières.
Étiologies du syndrome dépressif
◊ La dépression secondaire est, comme son nom l'indique, liée à une affection somatique ou
psychiatrique antérieure.
- De nombreuses affections médicales peuvent être responsables de dépression ; c'est le cas de
toute maladie générale sévère et (ou) particulièrement asthéniante. Mais certaines affections
peuvent se révéler par un syndrome dépressif : maladies systémiques, cancers, affections
endocriniennes et plus particulièrement hypothyroïdie… Il faut y penser systématiquement en cas
de résistance au traitement.
- Actuellement toutefois, il faut aussi penser systématiquement à la prise de toxiques légaux ou
illégaux : dans la prise de cocaïne, et plus généralement de drogues stimulantes (amphétamines,
anorexigènes…), la période d'abus est suivie, lorsqu'elle s'arrête, d'un syndrome dépressif.
L'alcoolisme est dépressogène de plusieurs façons. Les surdosages de psychotropes, ou les
traitements inappropriés, en particulier neuroleptiques, peuvent aussi être dépressogènes ; de
même les effets secondaires de médicaments divers, directement ou indirectement : antiviraux,
ciclosporine, bêtabloquants, clonidine, cimétidine (liste non exhaustive). Des intoxications
accidentelles ou professionnelles (par exemple intoxication chronique au CO), des avitaminoses
(PP, acide folique), peuvent aussi s'accompagner de symptômes dépressifs.
Si l'on ne peut demander au médecin de connaître toutes les causes toxiques de dépression, il est
en revanche formellement recommandé de rechercher auprès du patient et de ses proches toute
prise de médicament ou de toxique et de vérifier à ce moment-là sa possible incrimination ou
non.
- La dépression peut être aussi secondaire à des affections psychiatriques.
Un syndrome dépressif peut survenir dans le cadre de la plupart des autres troubles
psychiatriques, sans qu'un lien de cause à effet soit en règle strictement établi. Nous allons
seulement énumérer ces troubles psychiques, avec un bref commentaire si nécessaire : alcoolisme
et toxicomanies ; troubles anxieux, en particulier les attaques de panique avec agoraphobie et la
phobie sociale généralisée ; trouble dysthymique (ou névrose dépressive) dans lequel le sujet est
sub-dépressif plus de la moitié du temps, depuis plus de 2 ans ; troubles de la personnalité,
particulièrement personnalité antisociale, borderline, et dépendante-évitante ; enfin,
schizophrénie.
◊ Dans la dépression primaire, le trouble de l'humeur est primitif :
- il peut s'agir d'un épisode isolé, dont on ne peut prédire à l'avance le potentiel de récidive, que
l'on estime toutefois actuellement à 50 % sur la vie entière ;
- s'il a déjà existé un ou plusieurs états dépressifs, la dépression est dite récurrente, et la
prévention des futures récidives devient primordiale ;
- si l'état dépressif actuel a été précédé ou est suivi d'un ou plusieurs épisodes maniaques ou
hypomaniaques, il s'agit d'un trouble bipolaire de l'humeur, nécessitant des mesures
thérapeutiques spécifiques pour la prévention des récidives.
Traitement
1. Décision de l'hospitalisation
Elle se fait en fonction du risque de suicide, fonction lui-même de l'intensité de la dépression,
mais aussi du support social dont bénéficie le sujet.
L'absence ou la mauvaise qualité du support social s'additionnent à l'intensité de la dépression
comme facteur de risque.
2. Un sujet gravement à risque doit être hospitalisé d'urgence
Il doit être particulièrement surveillé entre la décision d'hospitalisation et sa réalisation effective,
période de risque accru.
L'hospitalisation se fait en clinique ou à l'hôpital. Une hospitalisation à la demande d'un tiers peut
être nécessaire.
3. Traitement hospitalier de la dépression
Il consiste en une surveillance étroite et l'administration d'un antidépresseur à dose efficace.
La voie parentérale n'est pas obligatoire. On choisit l'antidépresseur qui s'est montré
antérieurement actif si l'on a cette notion. Sinon, le choix est fonction du rapport risque-bénéfice
théorique des produits. L'association d'un sédatif, benzodiazépine ou neuroleptique, est
préconisée dans les dépressions anxieuses en attendant que l'action de l'antidépresseur se
manifeste, ce qui nécessite environ 15 jours. Celle d'un neuroleptique est préconisée dans les
dépressions délirantes.
L'électroconvulsivothérapie est indiquée d'emblée dans les dépressions à risque vital majeur
(suicide, inanition, grande agitation, confusion), et secondairement en cas d'échec des
antidépresseurs. On ne peut parler d'échec des antidépresseurs avant 4 à 6 semaines de traitement
à dose efficace.
La surveillance du patient permet aussi d'exercer une fonction de support psychologique très
utile.
4. Traitement à titre externe
C'est celui des formes non graves, sans risque de suicide important, d'intensité légère à moyenne.
Il comporte l'utilisation d'un antidépresseur per os, avec les mêmes critères que ci-dessus.
L'association d'une benzodiazépine est habituelle, mais non obligatoire en dehors des formes
anxieuses. Il est fortement conseillé de fournir au patient un soutien psychologique, qui semble le
facteur actif du traitement dans les formes légères.
Des études contrôlées de traitement uniquement psychothérapiques de ces dépressions " non
graves " en ont montré l'efficacité. Ce mode thérapeutique n'est toutefois pas encore courant en
France.
5. Résistance au traitement
Certaines dépressions sont dites résistantes au traitement parce qu'elles ne cèdent pas, ou
incomplètement, malgré le traitement.
En fait, il s'agit le plus souvent des effets d'un traitement inadéquat, qu'il s'agisse du choix du
produit, de sa dose, de sa durée, et aussi de l'absence d'utilisation de l'électroconvulsivothérapie.
La résistance au traitement est aussi liée à la cause des dépressions secondaires, qu'il faut traiter.
Il n'existe donc que quelques rares formes résistantes vraies.
Prévention des rechutes et des récidives
- La prévention des rechutes nécessite la poursuite du traitement antidépresseur pendant 6 mois pour
avoir les plus grandes chances d'éviter la reprise du même épisode.
- La prévenon des récidives nécessite un traitement andépresseur prolongé pendant 3 à 5 ans, et
même plus, dans le cas des dépressions récurrentes.
- Dans le cas du trouble bipolaire, la prévention des récidives fait appel aux médicaments
thymorégulateurs (lithium, carbamazépine, acide valproïque). Il est alors recommandé d'éviter la
prescription d'antidépresseurs tricycliques, qui pourraient favoriser la survenue de cycles rapides.
Schéma thérapeutique
◊ Évaluer le risque suicidaire
- Hospitalisation en urgence s'il est confirmé
◊ surveillance étroite ;
◊ antidépresseur à dose efficace (administration parentérale ou per os)
◊ benzodiazépine ou neuroleptique en cas d'anxiété ou de composante
délirante ;
◊ électroconvulsivothérapie en cas de risque vital majeur ou d'échec des
antidépresseurs (après au moins un mois de traitement)
â—Š support psychologique
- Traitement à titre externe dans les formes d'intensité légère à moyenne :
◊ antidépresseur per os ;
◊ benzodiazépine ;
â—Š soutien psychologique.
Critères de gravité
— Contact impossible à établir
— Agressivité majeure
— Violence incoercible
— Agitation extrême, fureur
— Intoxication associée, alcoolique ou autre
— Vécu délirant intense, associé ou non à des hallucinations
— Angoisse massive psychotique ou non


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MessagePosté: Septembre 17, 2008, 01:27:28 PM 
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Pays: algérie
Genre: Femme
Profession: Médecin généraliste
Année d'étude: 7ans
État d’agitation
Orientation diagnostique et conduite à tenir en situation d’urgence avec la posologie médicamenteuse
Dr Emmanuel Haffen, Pr Daniel Sechter
Service de psychiatrie et de psychologie médicale, CHU Saint-Jacques, 2, place Saint-Jacques, 25030
Besançon cedex
Plan : Compléments :
Diagnostic positif
Diagnostic étiologique
Conduite à tenir
Traitements médicamenteux
Orientation
Points forts à comprendre
Points forts à retenir
Critères de gravité
Les neuroleptiques de l'urgence
Pour en savoir plus
État d’agitation
Diagnostic positif
L’agitation correspond à un trouble du comportement psychomoteur, caractérisé par une
hyperactivité motrice associée à une perte de contrôle des actes, de la parole et de la pensée.
L’agitation est symptomatique de nombreuses affections organiques et psychiatriques. Elle se
présente sous des formes diverses, continue ou intermittente avec apparition d’accès
imprévisibles, peu violente ou furieuse, incoercible ou fluctuante, dont l’évolution spontanée est
souvent en relation avec l’attitude de l’entourage.
◊ L’examen physique est systématique : il se situe de préférence avant l’examen psychiatrique
proprement dit, sachant que l’approche du malade est souvent possible qu’après un traitement
médicamenteux sédatif. Il recherche avant tout les éléments symptomatiques d’une cause
organique. Il est complété par des examens complémentaires, biologiques et (ou) radiologiques
orientés par la clinique, dès qu’ils seront rendus possibles. En raison de la grande fréquence des
intrications médico-psychiatriques, de la difficulté contextuelle d’affirmer un diagnostic
psychiatrique ou somatique, la prudence est de règle.
◊ L’interrogatoire de l’entourage, puis du patient, chaque fois que cela sera possible, renseigne
sur les circonstances exactes de survenue de l’agitation. Il recherche des facteurs déclenchants
d’ordre psychologique, l’existence d’une intoxication médicamenteuse volontaire ou accidentelle,
la consommation d’alcool ou d’autres toxiques, un traumatisme physique, une pathologie
organique sous-jacente chronique ou aiguë. La recherche des antécédents psychiatriques et
organiques mettra en lumière la notion de premier épisode ou de récurrence, d’affections
prédisposantes à ce type de manifestation aiguë (psychose chronique, alcoolo-dépendance…) ou
de pathologies organiques limitant ou contre-indiquant certaines mesures thérapeutiques
(injection intramusculaire contre-indiquée lors de troubles de la coagulation par exemple).
◊ L’entretien clinique psychiatrique consiste à observer et à écouter attentivement afin
d’apprécier au mieux :
— les caractéristiques de l’agitation : intensité, permanence, récurrence, qualité du contact ;
— l’état de la conscience : désorientation temporelle et spatiale, obnubilation ;
— l’existence d’altération de l’humeur, l’orientation, la lucidité, l’attention, l’affectivité ;
— la présence de phénomènes hallucinatoires et délirants.
L’existence de symptômes psychiatriques orientera le diagnostic étiologique. L’évaluation
initiale permet de déterminer le degré de l’urgence et l’existence de critères de gravité sera
systématiquement recherchée, déterminant la conduite thérapeutique ultérieure.
Diagnostic étiologique
1. Agitations névrotiques
Brève et compréhensible en raison d’un contexte (familial ou conjugal) particulier, l’agitation
met en avant l’expression du corps qui se substitue à la parole. Cette agitation caractérielle est
d’intensité parfois bruyante, associée à une anxiété importante. Cet état, contrôlable par le sujet,
est particulièrement sensible à l’approche relationnelle. L’expression de l’agitation est
symptomatique de l’organisation sous-jacente de la personnalité. Les formes dégradées de la
véritable attaque hystérique, telle qu’elle a été décrite par Charcot (crise pseudo-convulsive), se
limite bien souvent à une classique crise de nerf. Le contexte émotionnel intense oriente le
diagnostic.
2. Agitation maniaque
L’exaltation euphorique de l’humeur ou hyperthymie expansive, caractéristique de l’accès
maniaque, s’accompagne d’une excitation psychique et physique caractérisée par une logorrhée
avec tachypsychie, hyperactivité ludique voire agitation désordonnée et stérile, ainsi qu’une
désinhibition globale. L’humeur est souvent versatile, le contact est faible, superficiel. Aux
moments d’élation et d’optimisme général peuvent succéder irritation et colère associées à une
agitation marquée et difficilement contrôlable. Dans les formes les plus sévères, les symptômes
généraux associent hyperthermie, déshydratation, amaigrissement précoce et troubles
neurovégétatifs.
Les actes médico-légaux sont symptomatiques du débordement pulsionnel. La fureur maniaque
met en avant les troubles moteurs avec une agitation incoercible. Cette forme clinique suraiguë
est retenue après avoir éliminé le diagnostic d’épilepsie (fureur épileptique), d’ivresse
pathologique (fureur alcoolique) et de schizophrénie (fureur catatonique).
Cette évolution rend nécessaire le recours à une thérapeutique sédative. A minima, l’hypomanie
se limite à une hyperactivité physique et (ou) intellectuelle associée à une subexcitation. Le
diagnostic d’accès maniaque repose sur les éléments sémiologiques précédemment décrits, la
notion d’antécédents d’épisodes maniaques ou mélancoliques. En l’absence d’antécédent, le
diagnostic est essentiellement fondé sur des arguments évolutifs.
3. Agitation des syndromes dépressifs
Le ralentissement psychomoteur est inconstant au cours des épisodes dépressifs. Il peut être
remplacé par une agitation motrice déclenchée par une angoisse importante. L’aspect clinique des
troubles moteurs est ainsi polymorphe, allant de l’inhibition à l’hyperactivité anxieuse et à l’état
d’agitation qui peuvent alimenter et précipiter le passage à l’acte suicidaire.
Les formes cliniques unipolaires de la maladie maniaco-dépressive s’accompagnant plus
volontiers d’une agitation anxieuse. Dans le cadre nosographique des mélancolies, les états
d’agitation sont rares, associés généralement à une angoisse massive et à un vécu délirant intense,
pouvant évoluer vers une véritable fureur autodestructrice. Le suicide altruiste est redouté dans
ces formes cliniques.
4. Agitation des bouffées délirantes aiguës
Comme dans toutes les psychoses aiguës, l’agitation est toujours retrouvée. Elle est secondaire à
l’adhésion au délire. Cette agitation est désordonnée, fluctuante et peu prévisible. Le délire est
mal systématisé, constamment remanié par une instabilité intrinsèque et une fluctuation des
thèmes, le plus souvent polymorphes. L’angoisse psychotique constante, variable dans son
intensité, vient moduler le niveau d’agitation. La recherche d’une cause organique ou toxique est
une priorité.
Dans les formes primitives, l’examen somatique est généralement négatif, à l’exception d’une
déshydratation et d’une hyperthermie. Certaines bouffées délirantes aiguës sont secondaires, lors
de maladies infectieuses par atteinte du système nerveux central, lors de traumatismes crâniens,
sachant que la confusion mentale est plus fréquente, lors d’intoxications, notamment au décours
d’une toxicomanie (LSD, mescaline, psilocybine, haschich, plus rarement alcool). Les
antécédents rapportés par la famille orienteront le diagnostic différentiel d’un moment fécond
d’une psychose chronique.
Le niveau de vigilance n’est pas altéré et la désorientation reste exceptionnelle, séparant
cliniquement les bouffées délirantes aiguës des confusions mentales. L’agitation de la bouffée
délirante aiguë se distingue de celle de l’accès maniaque par une plus grande labilité de l’humeur
sans véritable euphorie, de fréquentes hallucinations et des thèmes délirants variés et nombreux.
Une sédation de l’agitation s’impose.
5. Agitation des schizophrénies
Les crises clastiques catatoniques et états d’agitation incompréhensibles peuvent émailler
l’évolution d’une schizophrénie. Les antécédents et les symptômes schizophréniques associés
sont évocateurs du diagnostic. L’état d’agitation au cours des schizophrénies dysthymiques (ou
troubles schizo-affectifs), affections qui associent des symptômes du champ de la schizophrénie
et de la maladie maniaco-dépressive, n’est pas rare. L’héboïdophrénie associe aux symptômes
fondamentaux des conduites antisociales avec, de façon répétée et fréquente, agitation et
agressivité.
Les états d’agitation atypiques associés à des interprétations délirantes, un syndrome d’influence,
un syndrome dissociatif, peuvent constituer un mode d’entrée dans la schizophrénie. Ils se
caractérisent par une excitation psychomotrice d’allure maniaque sans euphorie, avec
tachypsychie, incohérence, agressivité, bizarrerie, négativisme voire indifférence. L’absence de
syntonie, la froideur, l’hermétisme, le retrait affectif et l’ambivalence orientent le diagnostic.
Parfois, il s’agit d’une agitation furieuse, entrecoupée de phases de mutisme, avec impulsions
agressives et stéréotypies.
Les impulsions meurtrières sont rares. L’état de stupeur catatonique rencontré au cours de
l’hébéphrénie notamment, peut être brusquement interrompu par des accès d’agitation
paroxystiques et intenses, constituant une véritable fureur catatonique, susceptible d’évoluer vers
une extrême violence sans participation affective. Il s’agit d’une forme clinique devenue rare.
Difficilement contrôlables par le sujet, ces états d’agitation requièrent au même titre que les états
d’agitation des autres troubles psychotiques, une prise en charge thérapeutique appropriée.
6. Agitation des paranoïas
L’agitation paranoïaque, rare, est principalement induite par la problématique délirante, sous la
forme de passages à l’acte hétéro-agressifs, le plus souvent médico-légaux. Le risque apparaît
majeur lorsqu’il existe un persécuteur désigné, typiquement lors d’épisodes féconds où le délire
se systématise et s’enrichit. L’agitation concerne autant les formes cliniques des délires
passionnels que d’interprétation.
7. Agitation et confusion mentale
La confusion mentale constitue un état pathologique de la conscience caractérisé par une
obnubilation et une désorientation temporelle et spatiale, fluctuantes dans le temps. Le diagnostic
de confusion mentale oriente immédiatement vers une pathologie organique sous-jacente.
L’agitation peut inaugurer le tableau clinique. Elle est marquée au cours des syndromes
confusionnels suraigus. La symptomatologie associe aux troubles du sommeil et à l’obnubilation,
une agitation anxieuse désordonnée secondaire à l’onirisme intense et à l’anxiété. Le patient est
rarement violent et agressif. Les signes généraux sont présents, dont la nature et l’intensité
dépendent de la cause. Quelques symptômes sont toujours observés : déshydratation, troubles
neurovégétatifs, hyperthermie, insomnie.
La première cause reste l’alcoolisme (voir délire alcoolique subaigu et delirium tremens). Les
états confusionnels et confuso-oniriques soudains, avec une importante fluctuation du niveau de
conscience, une agitation allant jusqu’à l’accès de fureur et une amnésie partielle ou totale
orientent vers le diagnostic d’épilepsie, une véritable crise comitiale pouvant terminer l’épisode.
Les tumeurs cérébrales, les traumatismes crâniens, les atteintes vasculaires cérébrales (accidents
vasculaires, cérébraux, hémorragies méningées, hématomes sous-duraux), les encéphalites,
constituent les autres causes neurologiques les plus fréquentes.
Parfois la confusion accompagne une pathologie générale : maladies infectieuses,
encéphalopathies métaboliques (insuffisance rénale, insuffisance surrénale, hypoglycémies,
porphyries aiguës intermittentes, hyperparathyroïdies, anémies importantes, certaines
avitaminoses), intoxications médicamenteuses (polyintoxications lors de gestes suicidaires),
intoxications alimentaires et professionnelles (oxyde de carbone, chlorure et méthyle de vinyle,
arsenic, plomb…). La prise en charge thérapeutique est spécifique, d’abord symptomatique puis
étiologique.
8. Agitation et démence
L’agitation illustre parfois les prémices d’une détérioration mentale, en lien avec une anxiété
massive du fait de la prise de conscience des troubles. L’agitation peut émailler l’évolution d’une
démence constituée. La symptomatologie est souvent polymorphe, associée à des modifications
du caractère, des épisodes de turbulence nocturne, des troubles de la conscience d’aspect
oniroïde, et peut être ponctuée d’un acte agressif dont les motivations paraissent obscures. Il est
impératif d’éliminer une étiologie organique pouvant être à l’origine ou associée à l’état
d’agitation.
9. Agitation et alcoolisme
Les états d’agitation liés à l’alcoolisme constituent une urgence très fréquente. L’ivresse aiguë,
indépendamment de la quantité d’alcool ingérée, est caractérisée par une excitation
psychomotrice qui peut aboutir au déchaînement brutal d’une agressivité aussi imprévue que
redoutable, accompagnée d’une violence verbale et comportementale, constituant parfois un
véritable raptus impulsif avec passage à l’acte agressif.
L’accès de fureur paroxystique est symptomatique de l’ivresse pathologique de type excitomoteur.
Les bouffées confuso-aniriques ou confuso-délirantes ne sont pas exceptionnelles. En
dehors des intoxications aiguës, les accidents de l’alcoolisme chronique, liés à un accès éthylique
massif ou au contraire une suspension brutale de l’intoxication constituent une cause fréquente
d’agitation confuse. Le délire alcoolique aigu ou delirium tremens est actuellement moins
fréquent que la forme subaiguë, en raison notamment du diagnostic et des traitements précoces.
L’agitation et l’onirisme sont associés à des signes neurologiques et à une altération de l’état
général. Le diagnostic est généralement facile. Il faudra rechercher les autres causes d’agitation
confuso-onirique, notamment les encéphalopathies alcooliques (syndrome de Korsakoff,
encéphalopathie de Gayet-Wernicke).
10. Agitation et toxicomanie
La consommation de toxiques, drogues et médicaments, peut être à l’origine d’un état d’agitation
secondaire à une décompensation psychiatrique aiguë : délire, confusion, angoisse massive. Le
syndrome de sevrage, psychique et (ou) physique en fonction des toxiques régulièrement
consommés, constitue également un risque de survenue d’une agitation, selon des modalités
comparables à celles de l’intoxication aiguë. L’interrogatoire et l’examen clinique orienteront le
diagnostic. Une complication organique n’est pas exclue et sera systématiquement recherchée.
11. Agitation et troubles de la personnalité
L’organisation de la personnalité sur un mode antisocial (personnalité dite psychopathique)
expose au risque d’agitation " caractérielle " en raison de l’incapacité à mentaliser les conflits et
de l’intolérance à la frustration. L’impulsivité est à l’origine des troubles comportementaux
conduisant à des passages à l’acte médico-légal. L’absence d’anxiété et d’anticipation à l’égard
des conséquences de leurs actes est classique chez ces personnalités.
Conduite à tenir
1. Approche relationnelle du patient agité
Cette approche vise à assurer une écoute et à rétablir le contact et le dialogue, ce qui favorise
souvent l’apaisement émotionnel. Cette action thérapeutique s’exerce dans le calme, sans
précipitation ni hésitation, afin de permettre les investigations médicales et psychiatriques et
d’engager les soins nécessaires.
Il importe de percevoir les limites de cette approche simple, notamment lors des états d’agitation
incoercibles et dangereux où la sédation par un traitement médicamenteux adapté est le premier
geste à réaliser. Cette prescription va de pair avec certaines attitudes permettant de rassurer le
malade et de l’aider à surmonter de façon moins dramatique une phase pénible.
Cela implique de rassurer sans porter de jugement, de dédramatiser la situation, de démystifier
l’angoisse tout en évitant des réactions personnelles hostiles nuisibles à la prise en charge
thérapeutique.
2. Contention physique
La contention physique est un acte médical à part entière, qui répond à certaines règles précises
lorsqu’il s’agit de la mettre en place, sachant qu’elle ne peut être que provisoire. L’indication est
posée dans des circonstances précises. En général, elle est évitée, sauf lors d’agitation très
intense, de la nécessité d’un transport, d’effet retardé de la thérapeutique médicamenteuse
entreprise.
Lorsque la prescription est décidée, la contention doit être appliquée sans discussion ni
marchandage, tout en maintenant le dialogue avec le patient. Elle oblige à une surveillance
médicale stricte et régulière qui porte sur l’état de conscience, les constantes hémodynamiques et
respiratoires, l’état circulatoire sanguin périphérique. L’évolution sur le plan psychiatrique,
notamment la sédation de l’agitation et la cohérence des propos du patient, l’efficacité des
thérapeutiques médicamenteuses, l’absence de risque de récurrence, permettront la levée de la
contention.
Traitements médicamenteux
Quelle que soit la forme clinique de l’agitation, un recours médicamenteux est indispensable dans
la plupart des cas, notamment lorsque celle-ci est incoercible ou préfigure une dangerosité. Dans
les formes cliniques mineures, le traitement médicamenteux, qui prolonge l’approche
relationnelle, se limiter à un anxiolytique sédatif administré par voie intramusculaire : Tranxène
(clorazépam) : 10 à 50 mg, Valium (diazépam) : 10 mg.
Dans les formes sévères le traitement médicamenteux est une nécessité urgente. Les
neuroleptiques sont préférés dans ces indications en raison de leur propriété sédative puissante et
antiproductive (cf. tableau). L’action sédative est massive et le délai d’action des plus rapides. La
voie d’administration, choisie en fonction de l’état du sujet, est préférentiellement
intramusculaire. Le choix portera sur un produit d’action rapide, puissante, de durée limitée dans
le temps, administré à une posologie adéquate en tenant compte des contre-indications et des
précautions d’emploi.
La monothérapie est toujours préférée : Loxapac ou Barnétil par exemple. Certains préconisent
une association de deux neuroleptiques, l’un à potentialité sédative, l’autre antiproductif : Haldol
et Nozinan ou Haldol et Tercian, notamment au cours des états d’agitation de l’accès maniaque,
des bouffées délirantes aiguës et des psychoses chroniques.
Le recours aux neuroleptiques implique une surveillance particulière portant sur la vigilance, les
constantes hémodynamiques, tension artérielle et fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire.
Les neuroleptiques doivent être utilisés avec précaution chez le sujet âgé en raison des risques de
surdosage et des conséquences pouvant en résulter.
Les neuroleptiques sédatifs et anxiolytiques d’action prolongée administrés par voie orale seront
préférés (Neuleptil, propériciazine : 5 à 30 mg, Melleril, thioridazine : 10 à 40 mg ou Dipipéron,
pipampérone : 10 à 20 mg).
Le traitement en urgence des agitations confuses et confuso-oniriques associe une hospitalisation
en chambre calme, éclairée et sans contention, à une chimiothérapie utilisée avec une grande
précaution, sachant que les psychotropes sont confusogènes et altèrent la vigilance. On utilisera
par voie intramusculaire une benzodiazépine (Valium : 10 mg ; Tranxène : 50 mg ; Equanil
(méprobamate) : 400 mg) ou un neuroleptique (Tiapridal : 100 à 200 mg). Le delirium tremens
impose une sédation rapide (Equanil : 400 à 800 mg toutes les 3 à 6 h) avec correction des
troubles hydroélectrolytiques et vitaminothérapie en milieu médical spécialisé.
Orientation
L’orientation est fonction de différents critères : origine, type, degré de l’agitation et efficacité du
traitement prescrit. La suspicion d’une organicité impose une hospitalisation en milieu médical,
notamment les agitations confuses, certaines détériorations mentales et bouffées délirantes
aiguës. Lorsque la cause est purement psychiatrique, l’hospitalisation est discutée pour les états
d’agitation mineure qui cèdent rapidement. À l’inverse, les états d’agitation majeurs imposent
une prise en charge en milieu spécialisé.
Certains cas, en particulier les états d’agitation des psychoses chroniques et aiguës où il existe
une dangerosité pour le patient ou son entourage, nécessiteront le recours aux hospitalisations
sous contrainte, hospitalisation à la demande d’un tiers (HDT) ou hospitalisation d’office (HO).


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MessagePosté: Septembre 17, 2008, 01:30:26 PM 
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Inscription: Juin 28, 2008, 10:27:36 AM
Messages: 10
Pays: algérie
Genre: Femme
Profession: Médecin généraliste
Année d'étude: 7ans
voila quelque cours que j'ai concocté par ici et par là
je sais que c'est un peu tard pur jeter un coup d'oeil
mais pour les gens qu'ils n'ont pas encore trouvé ,,,,,et ben voilà
a plus


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MessagePosté: Septembre 17, 2008, 01:46:54 PM 
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Inscription: Juin 28, 2008, 10:27:36 AM
Messages: 10
Pays: algérie
Genre: Femme
Profession: Médecin généraliste
Année d'étude: 7ans
je voudrais savoir comment les examens se passent
par quel examen nous allons commencer in'challah et de quel temps nous disposons
ainsi que l'organisation du concours , ça se passe ou ,,,,ect
vous vous rendez compte , je ne connais mème pas les locaux ....
merci


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