Monsieur X., 62 ans, droitier, comptable, constate, un matin, au réveil, un déficit de l’hémicorps droit.
Il ne peut pas plier le coude, ni bouger les doigts, mais parvient à se déplacer dans son appartement en boitant. Sa femme remarque un affaissement net de la commissure labiale à droite. Tout en comprenant parfaitement, Monsieur X. bute sur les mots à de nombreuses reprises lorsqu'il tente de s’exprimer.
Le SAMU est appelé immédiatement, arrive en moins de 20 minutes et transfère Monsieur X. aux urgences de l’hôpital où vous êtes l’interne de garde. Le trajet a duré environ 30 minutes.
A l’arrivée, le déficit moteur est identique à celui constaté au lever. Vous
identifiez une hypoesthésie de même répartition que le déficit moteur. La conscience est normale. Vous notez quelques paraphasies lors de l’interrogatoire, la compréhension est parfaite. Le reste de l’examen neurologique est normal. La pression artérielle est à 165/100 mm/Hg, le pouls à 80/min., la température à 37°.
L’ECG est sinusal. L’interrogatoire vous apprend que Monsieur X. n’a pas
d’antécédents particuliers, y compris vasculaire. Il n’est pas migraineux, fume
occasionnellement, pèse 83 kg pour 1m69, et se sait porteur d’une
hypercholestérolémie dont il a arrêté le traitement depuis 6 mois.
Vous obtenez un scanner cérébral dans les 30 minutes qui suivent l’arrivée, qui s’avère normal.
Question 1.
Quel est votre diagnostic précis ?
Question 2
Ce patient peut-il tirer bénéficie des traitements suivants ?
- thrombolyse en urgence
- prise en charge en unité spécialisée
Justifiez vos réponses.
Question 3
Quels sont les examens biologiques indispensables à la prise en charge immédiate de ce patient ?
Quel examen morphologique non encore réalisé vous paraît le plus important à obtenir au cours des 24 premières heures, pour une prise en charge optimale ? Justifiez votre réponse.
Le manque de place en services hospitaliers fait que vous devez poursuivre la
prise en charge de ce patient. La reprise de l’examen clinique 2 heures après l’arrivée vous révèle que l’état neurologique et général est inchangé, en dehors d’une pression artérielle désormais à 175/100 mm/Hg.
Question 4
Détaillez vos prescriptions thérapeutiques pour ces premières heures de prise en charge
La reprise de l’interrogatoire vous apprend que Monsieur X. a présenté, 15
jours avant l’hospitalisation, une gêne visuelle gauche, en pleine journée, sans facteur déclenchant, ni malaise ou céphalées. Il vous décrit un « voile noir », perturbant sa vision. Il s’est assis 5 minutes en fermant les yeux et a pu ensuite reprendre normalement ses activités.
Question 5
Quel intérêt y a-t-il à faire préciser, par l’interrogatoire, si le trouble visuel a concerné l’oeil gauche uniquement ou les 2 yeux ?
Les examens à visée étiologique sont tous normaux. Le déficit du patient
s’améliore, les troubles du langage ont disparu. Il marche et désire rentrer chez lui.
Au 5ème jour, il se plaint de palpitations. Un ECG est réalisé au cours de l’épisode qui dure environ 5 minutes et montre une fibrillation auriculaire.
Question 6
En quoi cet épisode modifie-t-il votre prise en charge thérapeutique ?
Les mesures adéquates étant prises, détaillez l’ensemble de vos prescriptions et conseils à la sortie de ce patient, au 15ème jour après entrée à l’hôpital.
A vous de jouer.

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