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La chirurgie athroscopique serait inefficace dans l’arthrose du genou

Posté le 8 janvier 2009 par ayama

L’arthrose du genou, dont la fréquence s’accroît avec le vieillissement de la population, peut relever de thérapeutiques pharmacologiques, de la kinésithérapie ou de la chirurgie. A un stade n’imposant pas la mise en place d’une prothèse totale, la chirurgie est le plus souvent pratiquée par voie arthroscopique. L’arthroscopie permet le lavage de l’articulation (éliminant fragments de cartilage et cristaux de calcium) et le débridement, l’objectif étant de réduire la synovite et d’éliminer les obstacles mécaniques à la mobilité articulaire.

Cependant, bien que la chirurgie arthroscopique soit très largement pratiquée, aucune preuve de son efficacité n’a jamais été apportée. A contrario, un essai randomisé récent (il faut le dire très contesté) a même retrouvé une absence de bénéfice avec cette thérapeutique (1).

Pour tenter de résoudre définitivement (?) la question, une équipe d’Ontario (Canada) a entrepris une nouvelle étude randomisée sur ce thème (2).

Cent quatre vingt-huit patients souffrant d’une arthrose de genou avec des anomalies radiologiques de grade 2 à 4 dans la classification modifiée de Kellgren-Lawrence ont été inclus dans l’étude. Etaient notamment exclus de l’essai les sujets ayant une désaxation en varus ou en valgus de l’articulation de plus de 5 degrés ou les patients ayant une déchirure méniscale importante.

Tous les patients ont été randomisés entre un traitement médical (incluant antalgiques et anti-inflammatoires non stéroïdiens) accompagné d’une kinésithérapie et la même prise en charge associée à une chirurgie arthroscopique réalisée par un praticien expérimenté.

Le critère principal de jugement était l’évolution à 2 ans du score auto-administré WOMAC (Western Ontario and McMaster Universities Osteoarthritis Index). Le critère secondaire était l’évolution de l’indice SF-36 évaluant la qualité de vie.

Aucune différence des scores WOMAC et SF-36

Sur ces critères, les deux traitements se sont révélés équivalents : score WOMAC à 874 +/- 624 dans le groupe chirurgie contre 897 +/- 583 avec le traitement médical (NS, p = 0,22) et score SF-36, 37 +/- 11,4 contre 37,2 +/- 10,6 avec le traitement médical (NS, p = 0,93). De plus les scores WOMAC mesurés lors des visites de contrôle durant les deux années de suivi étaient également similaires (à l’exception de la consultation du 3ème mois au cours de laquelle les résultats étaient meilleurs dans le groupe chirurgie). Aucune différence n’a non plus été constatée sur les divers sous groupes étudiés (notamment selon la gravité des scores radiologiques).

Cette étude qui semble méthodologiquement irréprochable (bien qu’elle n’ait pas prévu de chirurgie factice dans le groupe contrôle) parait démontrer que l’arthrose de genou isolée n’est pas une bonne indication de la chirurgie arthroscopique. Une conclusion qui sera vraisemblablement vivement contestée, ne serait-ce que parce cet essai n’évaluait que l’état fonctionnel des patients à moyen terme sans appréciation de l’évolution objective des lésions arthrosiques à long terme.
Dr Céline Dupin

1) Moseley JB et coll.: A controlled trial of arthroscopic surgery of the knee. N Engl J Med 2002; 347: 81-8 2) Kirkley A et coll. : A randomized trial of arthroscopic surgery for osteoarthritis of the knee. N Engl J Med 2008; 359: 1097-1107.

Résections hépatiques pour métastases non colorectales, non neuroendocrines. Résultats de 32 hépatectomies chez 27 patients

Posté le 19 septembre 2008 par rakda

But de l’étude : Alors que les résections hépatiques pour métastases sont souvent réalisées dans les cancers colorectaux ou neuroendocrines, elles restent discutées dans les autres cancers. Le but de ce travail était de rapporter une série de 27 patients ayant eu 32 hépatectomies pour métastases non colorectales, non neuroendocrines. (more…)

Intérêt de la chirurgie en plusieurs temps dans un cas de traumatisme abdominal grave

Posté le 19 septembre 2008 par rakda

Abstract

Le traitement chirurgical en plusieurs temps des traumatismes graves de l’abdomen est un concept récent. Il est utilisé chez des patients en défaillance multiviscérale par choc hémorragique, coagulopathie et hypothermie. La prise en charge initiale lors d’une laparotomie brève a pour but de contrôler l’hémorragie, de prévenir une contamination digestive et de fermer l’abdomen sans tension. Après une période de réanimation variant de 24 à 96 heures, une réintervention planifiée permettra la recherche de lésions méconnues et la reconstruction anatomique dans des conditions plus favorables. La reprise chirurgicale en urgence pour hémorragie ou hyperpression abdominale grève fortement le pronostic vital.

Abstract

Abbreviated laparotomy and planned reoperations in one severely injured patient.

Abbreviated laparotomy and planned reoperation(s) is a new concept in severely injured patients with multivisceral failure by hemorrhagic shock, coagulopathie and hypothermia. The aim of an abbreviated laparotomy is to control hemorrhage, prevent digestive contamination and close the abdominal wall without tension. After a delay for reanimation during 24 to 96 hours, discovery of unknown lesions and anatomic reconstruction will be possible through planned reoperation in better conditions. Emergency reoperation for hemorrhage and abdominal hyperpression severely worsens prognosis.

Author Keywords: contusion de l’abdomen; laparotomie programméeAuthor Keywords: abdominal trauma; planned reoperation

La mortalité des traumatismes graves de l’abdomen reste élevée [1]. Selon les séries, elle varie de 46 à 66 % [1, 2 and 3]. Depuis les années 1980, la prise en charge chirurgicale de ces traumatismes a évolué [4]. Certaines équipes ont proposé un traitement chirurgical en plusieurs temps [1, 5, 6, 7 and 8] : une première laparotomie brève suivie à distance de réinterventions programmées. Si cette approche chirurgicale est courante aux États-Unis dans les trauma centers, elle l’est peut-être moins en Europe [6]. C’est pourquoi il nous a semblé intéressant de rapporter cette observation décrivant les avantages d’une chirurgie en plusieurs temps dans les traumatismes abdominaux graves.

1. Observation

Madame L., 48 ans, était admise en urgence dans les suites d’un accident de la voie publique avec choc frontal violent alors qu’elle était passagère avant ceinturée. À l’arrivée, il s’agissait d’une patiente polytraumatisée associant un traumatisme craniofacial avec perte de connaissance, un traumatisme abdominal et un traumatisme du poignet droit.

À l’examen, la patiente avait un état hémodynamique stable avec une pression artérielle à 13/7 mmHg et un pouls à 80/min. À l’examen abdominal il y avait une défense généralisée. Le taux d’hémoglobine était à 6,9 g/dL. La radiographie thoracique trouvait un épanchement pleural bilatéral minime. L’échographie abdominale révélait un épanchement intrapéritonéal de moyenne abondance, une contusion splénique et une contusion du foie.

Une laparotomie par incision xiphopubienne était réalisée en urgence (30 minutes après l’admission de la patiente en salle de réveil). Les lésions constatées étaient : un hémopéritoine de deux litres en rapport avec une contusion splénique, une désinsertion de la première anse jéjunale avec une plaie des vaisseaux mésentériques, une contusion peu hémorragique du segment IV du foie qui était macroscopiquement sain et une plaie du mésocôlon gauche. Les gestes réalisés étaient : splénectomie d’hémostase, résection de la première anse jéjunale à la pince mécanique et hémostase des vaisseaux mésentériques et du mésocôlon gauche, enfin hémostase du foie par des points appuyés sur des pledgets. En raison d’un suintement hémorragique persistant aggravé par des troubles sévères de l’hémostase (TP à 10 %, thrombopénie à 30 000) et l’hypothermie (35 °C) un packing hémostatique a été réalisé. La continuité digestive n’a pas été rétablie et les deux extrémités jéjunales ont été fermées et laissées dans l’abdomen. Une sonde gastrique était mise en place pour décomprimer l’anse d’amont.

Compte tenu de la distension abdominale, seule la peau a été fermée. La stabilité hémodynamique peropératoire a été maintenue grâce à une transfusion de 33 culots érythrocytaires, 19 plasmas frais congelés et 13 unités plaquettaires. Au terme de quatre heures d’intervention, la patiente était transférée en unité de réanimation chirurgicale. Les radiographies ont permis de diagnostiquer une fracture complexe du massif facial et une fracture comminutive de l’extrémité distale du radius droit.

Le lendemain, la patiente a été réopérée de façon systématique. Il n’existait plus de saignement actif, ce qui a permis l’ablation des champs abdominaux. L’intestin grêle restait Å“dématié, ce qui ne permettait pas de rétablissement de la continuité digestive et la vitalité du côlon en regard de la plaie du mésocôlon était satisfaisante. Seule la peau était refermée.

Après correction des troubles hémodynamiques, hydro-électrolytiques, thermiques et de l’hémostase, une nouvelle laparotomie a été réalisée cinq jours plus tard. Les conditions locales étaient alors jugées favorables (régression de l’Å“dème digestif) pour réaliser une anastomose jéjuno-jéjunale manuelle. En regard de la plaie du mésocôlon gauche, il existait une zone colique ischémique avec état préperforatif. Une résection colique segmentaire était réalisée avec fermeture du moignon d’aval laissé dans l’abdomen et colostomie gauche. Seule la peau était refermée. Les suites ont été simples durant le séjour en réanimation chirurgicale de 16 jours.

Le rétablissement de la continuité colique a été réalisé à quatre mois. La cure d’éventration médiane a été effectuée à un an. Avec un recul de 18 mois, la patiente ne conservait aucune séquelle digestive ou orthopédique.

2. Commentaires

Depuis 1983, à l’instar de Stone et al. [4], les principes de prise en charge des traumatismes graves de l’abdomen ont évolué. En effet, la sévérité des traumatismes, qu’ils soient par arme à feu ou par contusion, est à l’origine de défaillances multiviscérales dont la prise en charge médicale est complexe. La première laparotomie réalisée en urgence consiste en une intervention brève de sauvetage. Son but est de pouvoir rétablir les fonctions physiologiques vitales sans pour autant obtenir une intégrité anatomique. Celle-ci sera restituée secondairement dans des conditions locales et générales jugées plus favorables au cours de réinterventions programmées.

Trois indications sont retenues pour une chirurgie en plusieurs temps [1, 5 and 7] :

• l’hémostase initiale impossible : les difficultés d’hémostase initiales peuvent être dues à la nature des lésions (plaies hépatiques, hématome rétropéritonéal, fracture du bassin), des troubles sévères de la coagulation aggravés par l’hypothermie [7] ;

• la nécessité d’abréger la laparotomie : les facteurs devant inciter à abréger l’intervention sont une perte sanguine initiale supérieure à 4 litres, un pH inférieur à 7,25, une température corporelle inférieure à 34 °C, et une hypotension artérielle systolique inférieure à 70 mmHg [7 and 9] ;

• la fermeture abdominale impossible : l’augmentation de la perméabilité capillaire due au choc puis au remplissage massif induit un Å“dème intestinal et une diminution de la compliance pariétale rendant impossible la fermeture correcte de la paroi abdominale.

La laparotomie initiale a trois buts principaux [5] :

• le contrôle de l’hémostase : la ligature ou la suture simples ne suffisent pas toujours. Il faut alors avoir recours à une hémostase indirecte par packing, tamponnement par ballonnet ou encore embolisation par voie artérielle [5] ;

• la prévention de la contamination digestive repose sur l’absence d’anastomose digestive. Si un segment intestinal nécessite une résection, les extrémités seront fermées et laissées libres dans l’abdomen. Toute anastomose ou stomie doit être évitée compte tenu de l’Å“dème du tube digestif et de la paroi abdominale ;

• la fermeture de l’abdomen sans tension n’est souvent possible que grâce à une fermeture simple de la peau permettant de préserver les berges aponévrotiques peu compliantes et d’éviter toute hyperpression intra-abdominale [11, 12 and 13].Le patient est alors transféré en réanimation afin de rétablir une hémodynamique satisfaisante et corriger les troubles hydro-électrolytiques, les troubles de la coagulation et l’hypothermie.La réintervention peut avoir lieu selon deux schémas. Dans le meilleur des cas, elle est programmée. En l’absence de complications, le délai de réintervention varie de 24 à 96 heures selon les auteurs [7 and 14]. En revanche, dans certains cas une réintervention en urgence est nécessaire. Les deux indications de reprise chirurgicale en urgence sont l’hémorragie persistante et l’apparition d’un syndrome d’hyperpression intra-abdominale [14]. Les causes d’hémorragie persistante sont, par ordre de fréquence, une hémostase initiale incomplète, une lésion méconnue et une complication iatrogène [15]. Le syndrome d’hyperpression intra-abdominale est dû à l’association de lésions d’ischémie-reperfusion intestinale, d’Å“dème de la paroi digestive, de perte de compliance de la paroi abdominale et éventuellement d’un saignement intra-abdominal persistant [7]. Ses répercussions sur les systèmes cardiovasculaire, pulmonaire et rénal peuvent conduire à une défaillance multiviscérale [16]. La réintervention en urgence est un facteur de mortalité important. En effet, dans la série de Hirshberg et al. [10], le taux de mortalité atteint 62 % en cas de réintervention en urgence, alors que ce taux est de 15 % en cas de réintervention programmée.La réintervention chirurgicale comprend quatre temps principaux : l’ablation du packing, l’exploration, la reconstruction digestive et la fermeture de la paroi. L’exploration doit être minutieuse à la recherche de lésions méconnues ou d’apparition secondaire présentes dans 27 % des cas de la série de Hirshberg et al. [10]. Le rétablissement de la continuité digestive ne doit être réalisé que dans des conditions favorables (restauration hémodynamique, cavité intrapéritonéale propre, absence d’Å“dème de la paroi digestive). Au moindre doute, il faudra préférer extérioriser les segments digestifs à la peau. Enfin, la fermeture doit se faire sans tension. Si les berges aponévrotiques ne peuvent être suturées, la fermeture est réalisée soit par une couverture synthétique temporaire, soit par suture simple de la peau [11, 12 and 13]. La cure d’éventration sera faite à distance.Dans notre observation, une première réintervention a eu lieu à 24 heures afin de vérifier l’hémostase. À cette occasion, on a pu constater que l’état du grêle ne permettait pas le rétablissement de la continuité digestive. Celui-ci a pu être effectué dans des conditions favorables après un délai programmé de cinq jours. A cette occasion, une péritonite par perforation colique a pu être prévenue par résection d’un segment colique ischémique pré-perforatif. Enfin, la fermeture pariétale a été réalisée dans les trois temps par une suture simple de la peau afin de prévenir une hyperpression abdominale. La cure d’éventration a été réalisée à distance.

3. Conclusion

Le concept de la prise en charge chirurgicale en plusieurs temps trouve sa place dans les traumatismes abdominaux graves avec défaillance multiviscérale. Il repose sur la conviction que la survie du patient tient plus à la préservation de ses fonctions physiologiques vitales qu’à son intégrité anatomique qui pourra être rétablie dans un second temps. Dans le meilleur des cas, ce second temps a lieu lors de réinterventions programmées où les conditions locales et générales sont plus favorables.

References

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3. J.A. Morris, V.A. Eddy and T.A. Blinman, The stage celiotomy for trauma: issues in unpacking and recontruction. Ann Surg 217 (1993), pp. 576–586. View Record in Scopus | Cited By in Scopus (204)

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5. A. Hirsberg and R. Walden, Damage control for abdominal trauma. Surg Clin North Am 77 (1997), pp. 813–820.

6. P. Pessaux, J.J. Tuech, F. Cattan and J.P. Arnaud, Duodéno-pancréatectomie céphalique en urgence, sans rétablissement immédiat de la continuité : une chirurgie de sauvetage ?. Ann Chir 53 (1999), pp. 85–88. View Record in Scopus | Cited By in Scopus (2)

7. J.M. Burch, New concept in trauma. Am J Surg 173 (1997), pp. 44–46. Abstract

8. Medical division international committee of the Red Cross. Br J Surg 83 (1996), pp. 1505–1511.

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12. C. Aprahamian, D.H. Wittmann, J.M. Bergstein and E.J. Quebbeman, Temporary abdominal closure (TAC) for planned relaparotomy in trauma. J Trauma 30 (1990), pp. 719–723. View Record in Scopus | Cited By in Scopus (43)

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14. A. Hirshberg, M. Stein and R. Adar, Reoperation: planned or unplanned. Surg Clin North Am 77 (1997), pp. 897–907. Abstract

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15. A. Hirshberg, M.J. Wall, M.K. Ramchandani and K.L. Mattox, Reoperation for bleeding in trauma. Arch Surg 128 (1993), pp. 1163–1167. View Record in Scopus | Cited By in Scopus (20)

16. B.H. Saggi, H.J. Sugerman, R.R. Ivatury and G.L. Bloomfield, Abdominal compartment syndrome. J Trauma 45 (1998), pp. 597–609. Full Text via CrossRef | View Record in Scopus | Cited By in Scopus (192)

Comparaison des lymphadénectomies para-aortiques endoscopiques par voie transpéritonéale ou extrapéritonéale : étude expérimentale

Posté le 19 septembre 2008 par rakda

But de l’étude : Le but de cette étude était de comparer le pouvoir adhésiogène et la localisation des adhérences postopératoires, après lymphadénectomie para-aortique par voie cÅ“lioscopique transpéritonéale ou par voie endoscopique extrapéritonéale. (more…)


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