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Des nuits « très » agitées sont un facteur de risque de maladie de Parkinson

Posté le 8 janvier 2009 par ayama

Les troubles du comportement en sommeil paradoxal sont souvent banalisés. Ces troubles nocturnes  correspondent à la mise en acte d’un rêve, due à l’absence de l’atonie musculaire spécifique du sommeil paradoxal. Seul l’interrogatoire du conjoint permet de les suspecter. Celui-ci rapporte que le patient a des nuits perturbées par des mouvements brusques, des cris voire des gestes d’hétéro agressivité. Le plus souvent, l’interrogatoire est suffisant pour poser le diagnostic mais parfois en l’absence de témoin ou dans des cas atypiques, il est nécessaire d’avoir recours à un enregistrement polygraphique du sommeil et à un avis d’un spécialiste du sommeil. En effet, il ne faut pas confondre ces troubles avec de simples cauchemars et savoir les détecter en cas de persistance de l’atonie. Dans certains cas, ils sont si sévères qu’ils peuvent obliger le conjoint à dormir dans une chambre séparée.

Plusieurs études ont montré que ces signes étaient particulièrement fréquents dans les stades débutants de maladie de Parkinson (MP) et de démence à corps de Lewy (DCL). Certains auteurs ont suggéré qu’ils pouvaient précéder de plusieurs années l’apparition d’une MP mais le risque réel n’est pas réellement précisé. L’étude qui est publiée sur le site online de Neurology a eu pour objectif de suivre les patients présentant un trouble du comportement en sommeil paradoxal isolé et considéré comme idiopathique.

Quatre-vingt-treize patients évalués dans un laboratoire du sommeil avec un diagnostic de trouble du comportement en sommeil paradoxal idiopathique ont été suivis pendant en moyenne 12 ans après le début des symptômes. Le délai entre les premiers symptômes et la date du diagnostic était de 7,2 ans en moyenne et la durée du suivi après le diagnostic d’en moyenne 5,2 ans. Vingt-six de ces 93 patients ont en effet développé une pathologie neurodégénérative : 14 MP, 1 atrophie multisystématisée, 7 DCL, 4 maladies d’Alzheimer possibles. Ni l’âge, le sexe et la durée des TSCP n’ont été un facteur de risque. Le risque de développer une maladie neurodégénérative était de 18 % à 5 ans, 41 % à 10 ans, et 52 % à 12 ans. Il est possible que les patients diagnostiqués comme « MA possible » aient en fait une DCL débutante. Cette étude peut être critiquée en raison d’un biais de sélection mais incite à ne pas banaliser les troubles du comportement en sommeil paradoxal.
Dr Christain Geny

Postuma RB et coll. : Quantifying the risk of neurodegenerative disease in idiopathic REM sleep behavior disorder. Neurology 2008 ; publication avancée en ligne le 24 décembre.

Eczéma atopique : méfions-nous des idées reçues

Posté le 6 janvier 2009 par ayama

L’incidence  de l’eczéma atopique de l’enfant ne cesse d’augmenter. En France, environ 20 % des enfants en seraient atteints, et la situation est la même dans la plupart des pays développés. Si les raisons de cette augmentation n’apparaissent pas encore clairement, l’hérédité est par contre désignée comme le facteur de risque principal. Certains lui attribuent plus de 82 % de responsabilité dans l’apparition des atopies, contre 18 % aux facteurs environnementaux. Mais quels facteurs environnementaux ?

Le rôle du tabagisme parental est clairement établi dans la survenue de l’asthme mais controversé  pour l’eczéma. La présence au domicile d’animaux de compagnie, responsable pour certains de favoriser l’allergie, aurait pour d’autres des effets bénéfiques, agissant comme une désensibilisation progressive. Certains aliments et l’âge de leur introduction sont fréquemment accusés de provoquer l’apparition d’eczéma, alors qu’une alimentation riche en acides gras oméga-3 ou en lactobacilles pourrait avoir un rôle protecteur. Beaucoup d’idées contradictoires circulent.
C’est pour essayer d’y voir plus clair qu’une équipe suédoise a enquêté auprès de plus de 5 000 familles ayant un enfant entre 6 mois et 1 an. Les questions posées concernaient les antécédents familiaux d’atopie et d’allergies alimentaires, l’environnement familial, notamment les animaux domestiques, l’alimentation de l’enfant et plus précisément la durée de l’allaitement, l’âge de la diversification alimentaire et de l’introduction des œufs et du poisson, les matières grasses utilisées, etc.

Un premier résultat de l’enquête ne recèle pas de surprise : il concerne le pourcentage des enfants atteints soit 13,9 %  à 6 mois et 20,9 % à 12 mois. Comme prévu aussi,  l’histoire familiale d’atopie est bien le premier facteur de risque et plus particulièrement un antécédent d’eczéma dans la fratrie (OR 1,87; IC 95% 1,50 à 2,33) ou chez la mère (OR 1,54 avec IC 95 % 1,30 à 1,84 ; p<0,001). La présence d’animaux domestiques ne semble pas influencer grandement la fréquence de l’eczéma, avec toutefois des réserves dues fait que les familles atopiques ont moins d’animaux domestiques, introduisant un biais de sélection.
Les surprises viennent plutôt des constatations ayant trait à l’alimentation. L’allaitement d’abord, dont la durée ne paraît pas avoir d’influence sur le risque d’eczéma, et notamment pas l’effet protecteur attendu. Le mode de diversification alimentaire ensuite, sachant que celle-ci n’est jamais débutée avant l’âge de six mois. L’introduction dans l’alimentation des œufs et du lait de vache ne semble pas devoir être repoussée après 1 an, mais les auteurs insistent surtout sur le moment de l’introduction du poisson dans l’alimentation de l’enfant. Effectuée avant l’âge de 9 mois, elle paraît associée à une diminution du risque d’eczéma (OR 0,76 avec IC 95% 0,62 à  0,94 ; p 0,009). L’étude ne retrouve pas de bénéfice supérieur avec l’un ou l’autre type de poisson, gras ou maigre, ne permettant pas de privilégier la piste d’un bénéfice apporté par les acides gras oméga-3.

Cependant les idées reçues ont la vie dure. Alors que les recommandations de retarder l’introduction des œufs et des poissons pour les enfants à risque allergique étaient abandonnées en Suède à l’automne 2002, faute de preuves solides d’un bénéfice apporté, l’étude montre que les restrictions concernant ces aliments continuent d’être appliquées. Les hésitations des parents s’expliquent sans doute en partie par les nombreuses inconnues qui subsistent autour de cette maladie invalidante.

Dr Roseline Péluchon

Alm B et coll. : Early introduction of fish decreases the risk of eczema in infants
Archives of Disease in Childhood 2008; 94: 1

Posté le 28 décembre 2008 par boutaleb amel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

grossesse extra uterin

 

DéfinitionImplantation ovulaire en dehors de l’utérus, le plus souvent dans la

 

trompe (ampoule). C’est une nidation hétérotopique. On parle de grossesse ectopique.Première cause de mortalité du premier trimestre de la grossesse aux États-Unis.

Urgence chirurgicale pouvant compromettre le pronostic vital et la fertilité.

Chez les femmes sans contraception, les deux principaux facteurs de risque sont d’une part les antécédents d’infection génitale ou de chirurgie tubaire et d’autre part le tabac.

Les dosages hormonaux, l’

 

échographie et la coelioscopie ont modifié la prise en charge de la pathologie.Fréquence : 1/60 grossesse.

 

Physiopathologie

 

Grossesse extra-utérine organique

Lésion de la paroi tubaire sans obstruction de la trompe : la progression de l’œuf est ralentie par la perturbation du péristaltisme tubaire.

Etiologies :

Infectieuses : séquelles de salpingites à germes plus ou moins spécifiques.

Chirurgicales : brides post-opératoires de chirurgie sous-mésocolique :

 

appendicectomie, chirurgie pour stérilité tubaire.  

 

Dispositif intra-utérin (DIU) : déciliation et inflammation. 

Grossesses extra-utérine fonctionnelles

Perturbation du péristaltisme tubaire. tabac

Etiologies :

Phase lutéale courte

 

 

Progestatifs micro-dosés  

 

Pilule du lendemainInducteurs de l’ovulation

 

Autres

Malformations utérines

Migration prolongée de l’Å“uf

 

 

Endométriose tubaire  

 

Lithopédion, fÅ“tus calcifié dans l’abdomen. 

Diagnostic positif

 

Clinique

Type de description : hématocèle non compliquée

Signes fonctionnels :

Douleurs à type de coliques, latéralisées, accompagnées de lipothymies.

Métrorragies noirâtres ou sépia après

 

aménorrhée.  

 

Signes sympathiques de grossesse.L’interrogatoire complète l’examen et rechercent des antécédents gynéco-obstétriques, chirurgicaux et médicaux

Signes généraux : Pas de choc, tachycardie. Angoisse.

Signes physiques :

Douleur provoquée à la palpation

Défense sous-ombilicale.

Les touchers pelviens notent un utérus moins gros que ne le voudrait l’age gestationnel, masse latéro-utérine douloureuse, douleur dans le cul-de-sac de Douglas.

 

Biologie

NFS et groupage ABO-Rhésus : Anémie, leucocytose

 

 

β-HCG plasmatiques :Affirme la grossesse si > 10 UI/l, mais n’en précise pas le siège

Plus bas que ne le voudrait l’âge supposé de la grossesse.

 

Imagerie

abdominale :

Signes directs : masse hétérogène latéro-utérine, sac gestationnel en dehors de la cavité utérine.

Signes indirects : absence de sac gestationnel intra-utérin, épaississement et augmentation de la taille de l’utérus, épanchement Douglas. La présence d’un sac utérin élimine pratiquement le diagnostic.

Des β-HCG > 4000 sans visualisation sac ovulaire intra-utérin signent pratiquement la grossesse extra-utérine.

Echographie par sonde endovaginale :

A partir de 5 semaines d’aménorrhée, un sac intra-utérin excentré avec halo hyperéchogène périovulaire signe la GIU.

Les annexes sont mieux visualisées.

Des β-HCG > 1000 sans visualisation sac ovulaire intra-utérin signent pratiquement la grossesse extra-utérine.

Coelioscopie :

Fait le diagnostic de certitude.

Ne doit pas être faite trop précocèment sinon risque de méconnaître la grossesse extra-utérine.

Elle visualise une dilatation olivaire bleutée de la trompe -hématosalpynx- et l’hémopéritoine.

Elle précise le siège.

 

Diagnostic différentiel [

 

L’examen clinique permet de retrouver une cause cervical (col de l’utérus). L’échographie par voie endovaginale, en cas de grossesse intra-utèrine, élimine les autres causes de métrorragies au premier trimestre.

 

Formes cliniques

 

Formes symptomatique

Rupture cataclysmique :

Réalise un tableau de choc hémorragique par hémopéritoine.

Intérêt de la culdocentèse.

Urgence chirurgicale majeure.

 

Formes topographiques

Les localisations rares des grossesses extra-utérines représentent environ 1 à 2 % des grossesse extra-utérines.

Ovariennes

Ampullaires : la plus fréquente. Révélation tardive. Réalisent un avortement tubo-abdominal.

Isthmique : de révélation précoce.

Interstitielle : rupture au niveau de la corne utérine

Abdominale : c’est l’implantation du trophoblaste sur n’importe quel organe

Hématocèle rétro-utérine

 

Traitement

Buts

Sauver la vie de la patiente : urgence vitale.

Préserver le pronostic fonctionnel en s’efforçant d’être le plus conservateur possible.

Ne se conçoit qu’après mise en condition, patiente sous surveillance clinique et biologique.

 

Moyens

Médicaux :

Le

 

méthotrexate par voie générale ou mieux in situ après ponction du sac gestationnel échoguidée puis injection de 50 mg. Se fait avec surveillance de la baisse des β-HCG jusqu’à 2 UI/l.L’abstention thérapeutique : Grossesse extra-utérine à β-HCG très bas.

Prophylaxie de l’

 

iso-immunisation rhésus aux patientes Rh-.Chirurgie à ciel ouvert :

Radicale : salpingectomie totale avec résection de la portion isthmique. Annexectomie en cas de lésion ovarienne

Conservatrice : Césarienne tubaire : expression digitale de l’œuf par le pavillon après salpingotomie

Chirurgie cœlioscopique : Salpingectomie. Salpingotomie et aspiration du trophoblaste

 

Indications

Dépendent de : l’état hémodynamique, des antécédents de la patiente, de son désir de grossesse, de l’état de la trompe controlatérale.

Schématiquement :

1re grossesse extra-utérine: Conservateur si désir de grossesse. Radical sinon

2e grossesse extra-utérine : Si Récidive homolatérale on procède à un traitement radical. Sinon conservateur ou médical

3e grossesse extra-utérine : traitement radical. Prise en charge dans un programme de fécondation in vitro

 

Complications

Précoces communes à toutes chirurgie :

Hémorragiques

Thrombo-emboliques

Infectieuses

Tardives spécifiques :

 

infertilité 

Prophylaxie

Prophylaxie primaire : Information sur les infections sexuellement transmissibles. Banaliser l’usage du

 

préservatif, seul moyen efficace de prévention contre toutes les infections sexuellement transmissibles. 

 

 

Asthénie

Posté le 19 décembre 2008 par BigMan

Par définition, l’asthénie est une sensation, subjective et désagréable, d’incapacité, non améliorée par le repos. Ce dernier item oppose l’asthénie à la fatigue qui est un phénomène physiologique secondaire à une activité physique ou psychique d’intensité inhabituelle et calmée par le repos. La fatigue suit l’effort, l’asthénie le précède. Le rôle du médecin généraliste est primordial dans la prise en charge de ce symptôme qui constitue un motif quotidien de consultation.

Mots clés : Asthénie, Fatigue, Fatigabilité, Syndrome de fatigue chronique, Raisonnement médical (more…)

Conduites pratiques et ordonnances types

Posté le 7 novembre 2008 par rakda

Voici une collection de conduites pratiques et ordonnances types en différents domaines médicaux, j’espère que cette liste vous sera utile dans votre pratique quotidienne.

Si vous en avez des conduites pratiques vous pouvez les publier ici ou sur le forum.

Je remercie particulièrement les membres qui ont participé à l’élaboration de cette collection :

Conduites pratiques en parasitologie.

  1. Trichomonose
  2. Trichocéphalose
  3. Toxoplasmose de la femme enceinte
  4. Teniasis
  5. Phtiriase (Poux du pubis)
  6. Pédiculose (Poux) de la tête
  7. Pédiculose (Poux) du corps
  8. Traitement de l’accès simple de Paludisme à Plasmodium falciparum
  9. Prévention du Paludisme (Malaria)
  10. Oxyurose
  11. Myiase
  12. Larva migrans sous-cutanée
  13. Giardiose
  14. La Gale
  15. Bilharziose (schistosomose)
  16. Ascaridiose
  17. Anguillulose
  18. Amibiase

L’échographie abdominopelvienne en cas de suspicion d’appendicite aiguë : évaluation prospective chez l’adulte

Posté le 19 septembre 2008 par rakda

But de l’étude : Cette étude descriptive prospective avait pour but d’évaluer la sensibilité et la spécificité diagnostique de l’échographie abdominopelvienne en cas de suspicion d’appendicite aiguë chez l’adulte.

Patients et méthodes : Du 1er mars au 13 juillet 1998, 100 patients consécutifs, 63 femmes et 37 hommes (âge moyen : 25 ans), adressés aux chirurgiens viscéraux pour suspicion clinique d’appendicite aiguë, ont eu une échographie avec une sonde de basse fréquence classique puis de haute fréquence (7,5 à 9 MHz). L’échographie a étudié l’appendice, l’atmosphère péri-appendiculaire et recherché un autre diagnostic au niveau des viscères de voisinage. Les performances de l’échographie ont été jugées sur les données anatomopathologiques pour les patients opérés et le suivi clinique et biologique pour les non opérés.

Résultats : La prévalence de l’appendicite a été de 0,47 dans la série ; 53 patients ont été opérés, 47 suivis cliniquement. L’échographie avait dans cette série une sensibilité de 91,5 %, une spécificité de 94,3 %, une valeur prédictive positive de 93,5 %, une valeur prédictive négative de 94,3 %, une efficacité diagnostique de 93 %. En l’absence d’appendicite, elle a détecté 75 % des autres diagnostics qui ont été posés.

Conclusion : L’échographie abdominopelvienne systématique est un bon test diagnostique en cas de suspicion d’appendicite aiguë chez l’adulte.

Abstract

Abdominal ultrasonography in suspected acute appendicitis: prospective evaluation in 100 adult patients.

Study aim: The aim of this prospective descriptive study was to evaluate the accuracy of abdomino-pelvic ultrasonography in suspected acute appendicitis in adults.

Patients and methods: From March to July 1998, 100 consecutive patients, 63 women, 37 men (mean age: 25 years), after examination by a visceral surgeon for suspected acute appendicitis, had an abdominal ultrasonography (US) examination with high frequency transducer (7,5 to 9 MHz). The US examination concerned appendice, periappendicular tissues and neighbouring organs. The US data were correlated with the histopathologic findings in operated on patients, and with the clinical and biological follow up in non operated patients.

Results: Fourty-seven patients had acute appendicitis; 53 were operated on and 47 non operated. Analysis of US data revealed sensitivity 91,5%, specificity 94,3%, positive predictive value 93,5%, negative predictive value 94,3%, accuracy 93%; 75% of the other diagnosis were found by US.

Conclusion: Systematic abdominal ultrasonography in suspected acute appendicitis is recommended in adults.

Author Keywords: échographie; appendiciteAuthor Keywords: ultrasonography; appendicitis

L’appendicectomie est la plus fréquente (43 %) des interventions abdominales en France [1]. Le diagnostic de l’appendicite aiguë est difficile, conduisant à 25 % d’appendicectomies inutiles en moyenne [1, 2, 3 and 4], surtout chez la femme en âge de procréer [2, 3 and 4]. L’appendicectomie est justifiée par la peur de méconnaître une appendicite aiguë avec le risque de perforation ou de péritonite dont on connaît la morbidité. Il semble donc intéressant de trouver une aide au diagnostic. Depuis 1986, l’échographie a été utilisée [5] avec des résultats variant pour la sensibilité de 74 à 99,3 % et pour la spécificité de 68,1 à 96,6 % [6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16 and 17]. Ces différences s’expliquent en partie par la disparité dans la qualité des échographes et des sondes utilisées qui s’est beaucoup améliorée et par le niveau de formation des échographistes qui s’est également amélioré.

Le but de cette étude prospective était d’évaluer chez l’adulte la sensibilité et la spécificité de l’échographie dans le diagnostic de l’appendicite aiguë, avec les appareils actuels utilisant une sonde de haute fréquence (7,5 à 9 Méga-Hertz [MHz]) qui seule permet une étude digestive fine. Le but annexe était d’évaluer l’apport de l’échographie pour le diagnostic en l’absence d’appendicite.

1. Matériel et méthodes

L’étude a porté sur 100 patients. Ont été inclus tous les patients adressés aux chirurgiens viscéraux du service d’urgence de l’hôpital Édouard-Herriot à Lyon, du 1er mars au 13 juillet 1998, en dehors du service de la garde, pour un syndrome douloureux abdominal suspect d’appendicite aiguë. Afin d’éviter le maximum de biais de sélection, les patients ont été inclus dès que le chirurgien évoquait devant une douleur abdominale la possibilité d’une appendicite. Tous ces patients ont eu une échographie abdominale par un radiologue du service de radiologie viscérale de l’hôpital, ayant une expérience de l’échographie digestive, soit sept opérateurs différents. L’examen échographique a été réalisé sur deux appareils différents : un Ultramark HDI 3 000 avec des sondes de 3,5 MHz et 7,5 MHz ou un Siemens Elegra avec des sondes à focales variables de 2 à 5 MHz et 5 à 9 MHz. Après une échographie complète abdominopelvienne sans préparation particulière, un examen abdominal a été réalisé en sonde de haute fréquence selon la technique classique décrite par Rioux [5] : un balayage de la gouttière pariétocolique de haut en bas avec repérage de la valvule iléocaecale et recherche de l’appendice. L’analyse a été réalisée selon les critères échographiques habituels d’appendicite [5, 6, 7 and 8] : diamètre supérieur à 5 mm, appendice non dépressible sous la sonde. Une synthèse échographique a été faite avec trois items possibles : « appendice sain », « appendicite », « appendice non vu ». Ce dernier item a été subdivisé en trois groupes : appendice non vu avec échographie normale, appendice non vu avec une inflammation péricaecale, appendice non vu avec une autre pathologie. Quand l’appendice n’était pas analysé en totalité de sa base jusqu’à son apex, il était considéré comme non vu en échographie. Les anomalies péricaecales, graisse inflammatoire et abcès, étaient notés car ils pouvaient être des signes indirects d’une appendicite. L’indication opératoire a été portée de façon indépendante par les chirurgiens viscéraux, qui avaient cependant à leur disposition les données de l’échographie. Les résultats de l’échographie ont été corrélés soit aux données anatomopathologiques quand le malade a été opéré, soit au suivi clinique (examen par un chirurgien viscéral, contrôle de la température) et biologique (numération formule sanguine) de sept jours à trois mois. Le diagnostic final d’appendicite a été porté sur les données histopathologiques obtenues sur un échantillonnage de coupes de l’appendice de cinq à sept lames. Dans l’analyse de sensibilité et de spécificité du diagnostic d’appendicite à l’échographie, les vrais positifs de l’échographie ont été uniquement les « appendicites ». L’apport de l’échographie pour les autres diagnostics a été évalué.

2. Résultats

Dans cette population, les principaux signes cliniques et biologiques étaient : douleur de la fosse iliaque droite 93 %, défense de la fosse iliaque droite 41 %, toucher rectal douloureux 27 %, psoïtis 10 %, diarrhée 7 %, arrêt des matières et des gaz 3 %, température supérieure à 38° 71 %, globules blancs supérieurs à 10 000 par mm3 63 %. Le sex ratio était de 1,7 avec 63 femmes et 37 hommes. L’âge moyen était de 25 ans avec des extrêmes de 16 à 87 ans. Cinquante-trois patients ont été opérés ; 47 patients n’ont pas été opérés et ont pu être suivis cliniquement. L’analyse anatomopathologique a retenu 47 appendicites et trois appendices sains. L’appendicite était segmentaire 16 fois soit dans 34 %, distale dans 8,5 % des cas. L’appendicite était compliquée 17 fois (36 %) : perforée dans 12,8 % des cas et avec un abcès péri-appendiculaire dans 23,2 % des cas. Un autre diagnostic a été établi dans 24 cas, prouvé par l’intervention dans cinq cas. La symptomatologie a été spontanément résolutive chez 26 patients.

L’échographie a permis de faire correctement le diagnostic d’appendicite chez 43 patients et de trouver un appendice sain chez 21 patients. Trois fois le diagnostic d’appendicite a été porté par excès, deux de ces patients ont été opérés, l’un avait un kyste ovarien rompu dans le péritoine et l’autre un appendice sain ayant à l’analyse histologique un aspect particulier avec une lumière dilatée et une paroi paradoxalement fine. Les 17 appendicites compliquées ont toutes été détectées à l’échographie. L’échographie n’a pas visualisé l’appendice 29 fois. Ainsi, quatre fois le diagnostic d’appendicite n’a pas été fait par la visualisation directe de l’appendicite, mais trois patients sur quatre avaient des signes échographiques d’inflammation péricaecale qui correspondaient à une appendicite rétrocaecale (n = 2) et pelvienne (n = 1). Ainsi pour le diagnostic d’appendicite, il y avait à l’échographie 43 vrais positifs, trois faux positifs, quatre faux négatifs et 50 vrais négatifs. Les résultats statistiques sont résumés dans le tableau I.


Tableau I. Valeur diagnostique de l’échographie : 100 patients avec suspicion d’appendicite aiguë, 47 appendicites.

Chez 18 patients, soit 34 % des patients sans appendicite, l’échographie a permis de reconnaître la lésion qui était à l’origine du syndrome abdominal aigu : un infarctus du grand épiploon, un ulcère duodénal perforé, une invagination iléocaecale sur tumeur villeuse, deux kystes de l’ovaire compliqués, un hydrosalpinx, un calcul urétéral, une infiltration de la gouttière pariétocolique chez un immunodéprimé, trois colites, six iléites dont deux maladies de Crohn, une adénite mésentérique. Cinq de ces patients ont bénéficié d’une chirurgie adaptée en urgence. Chez six patients, un autre diagnostic a été porté : deux infections urinaires, deux pyélonéphrites bactériennes, une salpingite, une pancréatite. Ainsi en l’absence d’appendicite, l’échographie a permis de reconnaître 75 % des diagnostics qui ont été posés.

3. Discussion

Ces résultats sont proches des meilleurs de la littérature. Les derniers résultats rapportés [17], encore supérieurs aux nôtres, illustrent bien les progrès observés au cours de ces dernières années. Ces données s’expliquent en grande partie par l’évolution technologique, avec une amélioration de la qualité des échographes (logiciel informatique, écran, résolution spatio-temporelle, etc.) et des sondes de haute fréquence d’au moins 7,5 MHz, qui sont indispensable pour l’échographie étudiant le tube digestif. Les échographistes sont également mieux formés et sensibilisés. Les difficultés diagnostiques et les pièges commencent à être bien connus des radiologues. L’étude de l’intestin grêle et du côlon devrait être systématique au cours d’une échographie abdominale, surtout dans ce contexte de douleur, permettant de reconnaître une atteinte appendiculaire dans le cadre d’une iléocolite. Mais l’analyse reste parfois difficile et l’expérience de l’opérateur fait la différence. L’échographie dans les suspicions d’appendicite peut donc être plus performante que l’examen clinique dont la sensibilité varie de 48 à 77 %, et la spécificité de 83 à 87 % [7, 11, 18, 19, 20, 21, 22, 23 and 24]. Ceci est également vrai pour la valeur prédictive négative, et aussi, contrairement aux idées reçues, pour la valeur prédictive positive. Il faut cependant garder à l’esprit qu’elles dépendent de la prévalence de l’appendicite dans la population. Comme tout test diagnostic, l’échographie ne peut se concevoir qu’avec la clinique. Cette étude sur la valeur intrinsèque de l’échographie n’est qu’une première étape indispensable avant une étude d’impact de l’échographie. Dans notre étude, si les patients avaient été opérés sur les données exclusives de l’échographie visualisant l’appendicite, il y aurait eu 2 % d’appendicectomies blanches mais 8 % des appendicites n’auraient pas été diagnostiquées, ce qui n’est pas tolérable. En pratique, depuis que l’échographie est devenue systématique dans notre hôpital devant un syndrome appendiculaire, le nombre d’appendicectomies inutiles pour suspicion d’appendicite a diminué de 15 à 3 % sans augmentation du nombre de perforations ou de péritonites. L’intérêt de l’échographie réside non seulement dans le fait de voir l’appendice mais également d’objectiver des anomalies inflammatoires de la fosse iliaque droite incitant à la plus grande circonspection [25 and 26]. L’échographie permet d’objectiver une autre pathologie dans un tiers des cas sans appendicite. Elle est vraisemblablement l’examen d’imagerie le plus performant pour le diagnostic des iléocolites [27 and 28] ; dans notre série celles-ci représentent la moitié des diagnostics différentiels. Il est possible que la pathologie gynécologique soit sous-estimée et non diagnostiquée en échographie selon les résultats des séries cÅ“lioscopiques [29, 30, 31 and 32], mais un bon nombre d’entre elles ne nécessitait pas d’intervention dans le cadre de l’urgence. En fait, l’échographie doit s’intégrer dans un schéma décisionnel. Dans notre centre, elle a permis aux chirurgiens de modifier leur stratégie diagnostique et thérapeutique. Ainsi, ils traitent plus rapidement les appendicites et les autres pathologies découvertes, ce qui a certainement un impact économique qui serait à évaluer par une étude prospective. Dans les cas cliniques douteux, en l’absence de visualisation de l’appendice, ils temporisent en toute tranquillité car l’appendicite compliquée est plus facile à mettre en évidence [26]. Quand l’appendice sain est visualisé, ils peuvent se contenter d’un contrôle clinique en ambulatoire ou s’orienter vers la recherche d’une autre pathologie notamment gynécologique. Ces trois dernières années, les publications sur appendicites et scanner ont apporté des résultats excellents [33, 34, 35 and 36]. Elles recommandent son utilisation en routine pour diminuer les appendicectomies inutiles et diminuer le coût que représentent les suspicions d’appendicite [35, 36 and 37]. Dans ce contexte il nous semble important de défendre l’échographie, compte tenu de la moindre disponibilité des scanners, de l’irradiation et du coût qu’ils engendrent. L’Andem recommande de ne pas utiliser la cÅ“lioscopie comme un simple instrument diagnostique [2]. Aucune étude ne prouve actuellement qu’il n’est pas plus intéressant et pour le patient et pour la société de faire opérer ces patients d’emblée. Mais c’est un autre débat. Un juste terme entre le tout chirurgical, principalement avec le développement de la cÅ“lioscopie et le tout imagerie est à trouver, en intégrant le bénéfice clinique pour le patient et économique pour la société.

4. Conclusions

L’échographie abdominopelvienne systématique dans les suspicions d’appendicite aiguë chez l’adulte est performante pour le diagnostic positif et différentiel de l’appendicite et pourrait conduire à une amélioration de la prise en charge du patient.

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