Depuis sept mois, un nouveau médicament pour traiter le diabète de type 2 a été mis sur le marché français. Il stimule la sécrétion d’insuline chez les personnes traitées et réduit leur poids.
Avaler du sucre ou se l’injecter n’a pas le même effet sur la sécrétion d’insuline par le pancréas. Même si l’élévation de sucre dans le sang (hyperglycémie) est la même dans les deux cas, la voie orale provoque une sécrétion beaucoup plus forte d’insuline que l’injection intraveineuse. « Cette différence de production est ce qu’on appelle l’effet incrétine, explique le Pr Michel Pinget, fondateur du Centre européen d’étude sur le diabète (CeeD) à Strasbourg. Il est dû à l’action d’hormones venant du tube digestif dont la GLP 1 produite par l’intestin. »
La GLP-1 ralentit aussi la vidange de l’estomac, ce qui donne rapidement une sensation de satiété et une réduction de l’appétit.
Chez le patient diabétique, l’effet incrétine est beaucoup moins important parce que cette hormone GLP-1 n’est pas produite en quantité suffisante. L’idée première a été de donner de la GLP-1 aux patients diabétiques. Mais cette hormone est très vite détruite dans l’organisme, dans les deux à trois minutes suivant sa sécrétion. Il fallait donc trouver une forme analogue qui résiste plus longtemps. À partir de ces données, et grâce à la découverte chez un lézard d’une molécule analogue à la GLP-1 (voir ci dessous), la firme pharmaceutique Lilly a fabriqué un nouveau médicament injectable, le Byetta® (Exenatide), qui imite l’action de la GLP-1 chez l’homme. « D’où une perte de poids chez les patients traités, relève le Pr Pinget. Ce point est très important car jusqu’à présent, le traitement du diabète entraînait une prise de poids chez les patients. Et mieux ils étaient traités, plus ils prenaient de poids, ce qui est un facteur aggravant du diabète. »
L’autre avantage du Byetta® est qu’il agit à doses fixes. Une injection matin et soir suffit, à condition de la faire dans l’heure précédant le repas. Des effets secondaires, nausées et vomissements, accompagnent parfois les deux ou trois premières semaines de traitement avant de s’estomper.

